L’exportation de dattes en Algérie entre dans une nouvelle ère de contrôle. Pour endiguer la sous-facturation qui prive le pays de précieuses devises, les autorités ont décidé d’encadrer les tarifs de vente à l’international. Désormais, chaque variété de ce fruit dispose d’un prix de référence obligatoire à respecter.
Un dispositif pour sécuriser l’exportation de dattes algériennes
La mesure a été transmise par le ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations au responsable de l’Association des exportateurs algériens. Cette communication, signée par le ministre Kamel Rezig, s’accompagne d’un protocole détaillé et d’une grille tarifaire par catégorie.
Le document précise l’ensemble des démarches que les opérateurs devront suivre. Il fixe également un barème de référence adapté à chaque type de fruit destiné aux marchés étrangers.
Cette initiative répond à une problématique dénoncée au plus haut sommet de l’État. Le contrôle des flux commerciaux hors hydrocarbures figure parmi les priorités affichées par le gouvernement algérien.
La sous-facturation, un fléau chiffré par les autorités
En mai dernier, le président Abdelmadjid Tebboune avait pris les dattes comme exemple pour dénoncer cette pratique frauduleuse. Selon lui, un kilogramme vendu réellement un euro était déclaré à seulement vingt centimes auprès des services officiels.
Le chef de l’État a également révélé l’ampleur du manque à gagner pour l’économie nationale. Sur une période réduite, les devises non rapatriées par certains exportateurs hors hydrocarbures ont atteint 350 millions de dollars.
Face à cette hémorragie financière, l’exécutif a décidé d’agir sans attendre. L’encadrement des tarifs vise à mettre fin à ces déclarations sous-évaluées qui pénalisent les recettes du pays.
Dattes exportées : des prix compris entre 0,80 et 2,50 dollars le kilo
Les nouveaux tarifs de référence pour la vente de dattes à l’étranger s’appliquent depuis le 1er juillet 2026. Le ministre a demandé à l’organisation professionnelle d’avertir tous les exportateurs de cette obligation de conformité.
Selon la variété et la qualité du produit, les prix planchers oscillent entre 0,80 et 2,50 dollars américains le kilogramme. Ces montants constituent désormais un seuil incontournable pour toute transaction commerciale internationale.
Il convient de rappeler que les ventes de dattes algériennes connaissaient des blocages à l’échelle mondiale depuis plusieurs mois. Ce nouveau cadre entend redonner de la crédibilité et de la transparence à la filière.
La préparation des factures et la domiciliation bancaire
La première étape du processus concerne l’établissement des documents commerciaux. Les opérateurs doivent y intégrer les positions tarifaires douanières validées et mentionner l’appellation complète de la variété concernée.
Le respect des prix minimaux fixés constitue une condition indispensable à cette phase. Aucune facture ne peut désormais s’affranchir de ces montants de référence.
La banque en charge de la domiciliation vérifie ensuite la cohérence de l’ensemble des données. Elle contrôle la présence de la position tarifaire, la désignation de la variété et la conformité des prix unitaires. Toute facture non conforme se voit refusée.
Des règles strictes à chaque étape de l’exportation de dattes
La deuxième phase relève du ministère de l’Agriculture. La variété destinée à la vente à l’étranger doit obtenir un certificat phytosanitaire délivré après vérification du type et de la qualité du produit.
Les autorités sanitaires mentionnent explicitement dans ce document la variété et la nature des dattes contrôlées. Cette certification garantit ainsi la traçabilité du fruit tout au long de la chaîne d’exportation.
La troisième étape se déroule au niveau des services douaniers. Lors du traitement de la déclaration, les agents examinent la valeur déclarée en la comparant aux prix de référence en vigueur.
Le rôle central des services douaniers
Les douanes doivent s’assurer que chaque valeur unitaire déclarée égale ou dépasse le seuil approuvé. Ce contrôle vise à empêcher toute tentative de minoration des montants réellement pratiqués.
Les agents s’appuient également sur les certificats phytosanitaires pour effectuer leurs vérifications. Ils confirment ainsi que la variété déclarée correspond bien aux sous-positions tarifaires enregistrées.
Ce triple filtrage, du commerce à l’agriculture jusqu’aux douanes, forme un dispositif de surveillance complet. Chaque intervenant devient un maillon de la lutte contre la fraude à l’exportation.
Avec cette réglementation, l’Algérie entend protéger ses recettes en devises tout en valorisant l’un de ses produits agricoles phares. Reste à mesurer, dans les mois à venir, l’impact concret de ces mesures sur la relance des ventes de dattes à l’international.
