La saisie de cannabis marocain en Algérie s’est de nouveau confirmée avec un vaste coup de filet mené par les services de sécurité. Une opération d’envergure, déployée dans plusieurs régions du pays, a conduit au démantèlement de trois organisations criminelles. Plus de 112 kilogrammes de résine de cannabis ont été interceptés, tandis que près d’un milliard de centimes, issus de ce trafic, ont été récupérés.
Dans un communiqué diffusé le jeudi 30 juillet, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a détaillé les résultats de cette intervention. Le Service central de lutte contre le trafic illicite des stupéfiants a réussi à neutraliser trois réseaux structurés, spécialisés dans le commerce de drogue à l’échelle du territoire.
Les opérations se sont déroulées de manière simultanée dans les zones est, centre et ouest de l’Algérie. Elles ont permis la saisie de plus de 112 kilogrammes de kif traité, une marchandise identifiée comme provenant du Maroc. Au fil des interventions, onze individus soupçonnés d’appartenir à ces cellules criminelles ont été arrêtés.
Un milliard de centimes et huit véhicules saisis dans l’affaire du cannabis
Les enquêteurs n’ont pas concentré leurs efforts uniquement sur la drogue. Les forces de l’ordre sont également parvenues à saisir près d’un milliard de centimes. Cette somme est considérée comme le fruit direct des activités illégales menées par les réseaux démantelés.
À cela s’ajoute la confiscation de huit véhicules de tourisme, de marques diverses. D’après la DGSN, ces automobiles servaient au transport, au stockage et à la distribution du cannabis entre différentes wilayas, révélant une logistique particulièrement bien rodée.
La saisie de ces biens matériels et financiers poursuit un objectif clair : couper les ressources des trafiquants. Cette stratégie, qui vise à assécher les moyens du crime organisé, s’impose désormais comme une méthode privilégiée dans les enquêtes sur les stupéfiants.
Onze suspects déférés devant la justice algérienne
Une fois les investigations bouclées, les onze personnes interpellées ont été présentées aux procureurs de la République territorialement compétents. Leurs dossiers ont été confiés aux tribunaux de Rouiba, de Sidi Bel Abbès et de Bir El Ater, situé dans la wilaya de Tébessa.
Devant ces juridictions, les mis en cause devront répondre de plusieurs chefs d’accusation liés au trafic organisé de drogue. Les peines encourues pour ce type d’infractions figurent parmi les plus lourdes prévues par le code pénal algérien.
Les recherches ne s’arrêtent pas là. Les services de sécurité poursuivent leurs travaux afin d’identifier d’éventuelles ramifications transfrontalières de ces réseaux. L’objectif consiste à remonter l’ensemble des filières impliquées dans l’introduction du cannabis sur le sol national.
Le cannabis marocain, principale drogue introduite clandestinement en Algérie
Le cannabis en provenance du Maroc reste la substance la plus fréquemment acheminée illégalement vers l’Algérie. Les autorités sécuritaires signalent avec régularité des interceptions massives de kif traité venu du royaume voisin. Ce constat démontre que les circuits de contrebande demeurent actifs, malgré le renforcement continu de la surveillance aux frontières.
Selon les responsables algériens, ces groupes criminels reposent sur des filières solidement organisées pour faire entrer la marchandise. Le produit est ensuite redistribué à travers plusieurs wilayas du pays, alimentant un marché parallèle difficile à endiguer.
Une mobilisation coordonnée des services de sécurité
La lutte contre ce phénomène repose sur l’action conjointe de plusieurs institutions. La Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale et les services des Douanes conjuguent leurs efforts sur l’ensemble du territoire. Leur mission dépasse la simple interception des cargaisons de drogue.
Ces forces cherchent avant tout à démanteler les rouages logistiques et financiers qui soutiennent le trafic. En ciblant les réseaux plutôt que les seuls transporteurs, les autorités espèrent porter des coups durables aux organisations criminelles.
Le contexte régional pèse lourdement sur cette problématique. La longue frontière séparant l’Algérie du Maroc, restée un point sensible sur le plan sécuritaire, constitue un couloir privilégié pour les contrebandiers. La fermeture officielle de cette frontière n’a pas suffi à tarir les flux illicites.
Cette nouvelle opération illustre l’ampleur des défis auxquels font face les services antidrogue au Maghreb. Le démantèlement de trois réseaux et la saisie de plus d’un quintal de cannabis marocain témoignent d’une pression maintenue sur les trafiquants. Reste que la persistance de ces filières souligne la nécessité d’une vigilance constante et d’une coopération renforcée à l’échelle régionale.
