L’obtention d’un visa étudiant pour la France suscite l’inquiétude de plusieurs candidats guinéens à quelques semaines de la rentrée universitaire. Admis dans des établissements français, ces jeunes dénoncent une nouvelle condition imposée par Campus France Guinée qui vient compliquer leurs démarches administratives. Selon leurs témoignages, l’organisme réclamerait une attestation d’hébergement établie par une personne du même sexe que le demandeur.
Visa étudiant pour la France : des dossiers bloqués avant la rentrée
Cette exigence inattendue place plusieurs futurs étudiants dans une situation délicate. Ils décrivent un mélange d’incompréhension et d’anxiété face à une règle qu’ils jugent injuste et discriminatoire, alors que le calendrier universitaire approche à grands pas.
Parmi les personnes concernées figure un étudiant guinéen admis à la Sorbonne, qui a préféré garder l’anonymat. Il raconte avoir vu sa demande de rendez-vous pour un visa d’études refusée à deux reprises, en raison d’une attestation d’hébergement rédigée par sa sœur.
« Campus France Guinée m’a dit que mon attestation d’hébergement n’était pas valable, parce que c’est ma sœur qui me l’a faite. Donc, on me demande de chercher une attestation d’une personne du même sexe que moi », a-t-il confié à la presse internationale.
Un problème qui toucherait de nombreux candidats
Selon ce même étudiant, il ne s’agit pas d’un cas isolé. Plusieurs demandeurs seraient confrontés à la même difficulté depuis quelques semaines seulement, ce qui interpelle la communauté étudiante.
« On est beaucoup. Au début, il y avait des amis qui n’ont pas eu ce problème, mais récemment, depuis fin juillet-début août, on nous bloque », précise-t-il. Des étudiantes ont elles aussi témoigné de blocages similaires et attendent toujours un rendez-vous pour déposer leur dossier.
La contrainte est d’autant plus lourde que les délais se resserrent. Les procédures liées au visa doivent en effet être bouclées avant le premier jour des cours en France, sous peine de compromettre toute une année d’études.
Une exigence de Campus France dénoncée comme discriminatoire
Face à cette situation, la mobilisation s’organise. Une pétition a été lancée pour dénoncer cette pratique, réunissant 388 signatures au moment où l’affaire a été révélée. Les initiateurs entendent alerter l’opinion sur ce qu’ils considèrent comme une atteinte au droit des étudiants.
L’un des porteurs de cette pétition affirme n’avoir jamais rencontré une telle demande dans les autres pays de la sous-région. « C’est vraiment la première fois. On a échangé avec des étudiants qui sont passés par Campus France Côte d’Ivoire, Sénégal : cette règle n’existe nulle part, en fait », souligne-t-il.
Des étudiants confrontés à la précarité
Pour ce responsable, la mesure imposée ne se limite pas à une simple formalité administrative. Elle place les jeunes candidats dans une situation précaire à un moment particulièrement sensible de leur parcours.
« Discriminatoire et surtout cela installe les étudiants et étudiantes dans la précarité à l’approche de la rentrée », estime-t-il. Les protestataires pointent également les délais de traitement des demandes de visa, jugés incompatibles avec les échéances universitaires.
Vers une saisine du Défenseur des droits en France
Décidés à faire entendre leur voix, les organisateurs de la pétition envisagent une démarche officielle. Ils prévoient de saisir prochainement le Défenseur des droits en France afin d’obtenir des explications sur cette exigence contestée.
De son côté, Campus France Guinée n’a pour l’instant fourni aucune réponse. Sollicité au sujet de cette polémique, l’organisme n’a pas souhaité s’exprimer, laissant les étudiants concernés dans l’incertitude quant à l’issue de leurs démarches.
Cette affaire illustre les difficultés récurrentes que rencontrent les candidats africains au visa étudiant français. Entre exigences administratives contestées et délais serrés, l’accès aux universités françaises reste un parcours semé d’embûches pour de nombreux jeunes du continent.


