L’Italie s’apprête à mettre en œuvre une importante réforme de ses procédures d’immigration professionnelle avec l’entrée en vigueur du permis de séjour unique. Ce nouveau dispositif vise à simplifier les démarches des ressortissants non européens souhaitant vivre et travailler légalement dans le pays. Inspirée d’une directive européenne récente, la réforme ambitionne de regrouper dans une seule procédure administrative l’autorisation de séjour et le permis de travail, afin de réduire les délais et d’alléger les formalités pour les employeurs comme pour les travailleurs étrangers.
Une procédure simplifiée pour travailler et résider en Italie
Jusqu’à présent, les candidats étrangers devaient accomplir plusieurs démarches distinctes pour obtenir le droit de travailler en Italie. Entre les autorisations administratives, les contrôles des services d’immigration et les démarches liées au séjour, les procédures étaient souvent longues et complexes. Avec le permis de séjour unique, les autorités italiennes souhaitent instaurer un système plus fluide reposant sur une demande centralisée, principalement accessible par voie numérique.
Cette réforme découle de la directive européenne 2024/1233, qui impose aux États membres de moderniser leurs mécanismes d’admission des travailleurs étrangers. En Italie, le décret législatif n°83/2026, publié au Journal officiel, prévoit une entrée en vigueur du nouveau système à partir du 4 juin 2026. L’objectif affiché est de faciliter les recrutements internationaux tout en renforçant la coordination entre les administrations concernées.
Des droits renforcés pour les travailleurs étrangers
Le nouveau cadre ne supprime ni les critères d’admission ni les contrôles liés à l’immigration professionnelle. Les quotas d’entrée et les conditions d’éligibilité continueront de s’appliquer. Toutefois, la réforme introduit plusieurs garanties importantes pour les travailleurs étrangers légalement installés en Italie.
La directive européenne prévoit notamment un délai maximal de 90 jours pour le traitement des demandes de permis unique. Elle vise également à assurer une meilleure égalité de traitement entre travailleurs étrangers et nationaux, notamment en matière de rémunération, de conditions de travail, de sécurité professionnelle et d’accès à certains droits sociaux. Le dispositif doit aussi permettre davantage de stabilité administrative en cas de changement d’emploi ou d’évolution de situation professionnelle.
Le Decreto Flussi reste au cœur de l’immigration économique
Malgré cette simplification administrative, le permis de séjour unique ne remplace pas le système du Decreto Flussi, qui demeure le principal mécanisme de quotas pour l’entrée des travailleurs non européens en Italie. Ce programme continue de fixer chaque année le nombre de travailleurs étrangers autorisés à entrer dans le pays pour des emplois saisonniers ou permanents.
Les demandes liées au recrutement international continueront de transiter par le portail ALI du ministère italien de l’Intérieur, déjà utilisé pour les procédures de nulla osta nécessaires à l’obtention de nombreux visas de travail. Pour les ressortissants algériens, marocains, tunisiens et plus largement les candidats hors Union européenne, cette réforme représente surtout une simplification des démarches administratives, sans pour autant garantir automatiquement l’accès au marché du travail italien.
