L’allocation touristique de 750 euros connaît un tournant majeur pour les voyageurs algériens. La Banque d’Algérie a présenté ce dimanche un nouveau cadre encadrant l’octroi de ce droit de change destiné aux séjours à l’étranger. Ces dispositions marquent une évolution importante dans la manière dont les résidents accèdent à leurs devises.
Cette annonce intervient au lendemain de la décision prise par le président Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’État a en effet tranché : le droit de change pour voyage sera désormais versé exclusivement via une carte bancaire, et non plus en liquide. Le régulateur financier a donc détaillé l’ensemble des démarches à suivre pour en profiter.
Les nouvelles modalités deviennent applicables à partir du 19 juillet, selon les précisions apportées par l’institution.
Allocation touristique de 750 € : la carte de paiement au cœur du dispositif
Dans une instruction datée du lundi 13 juillet, la Banque d’Algérie explique que le droit de change sera mis à disposition des résidents au moyen d’une carte de paiement internationale. Il peut également s’agir d’une carte spécifiquement dédiée au droit de change, émise par les banques intermédiaires agréées, dans le respect de la réglementation en vigueur.
Cette carte revêt un caractère strictement personnel. Délivrée à titre nominatif par la banque agréée, elle ne peut être employée que par son détenteur. Le texte interdit formellement toute cession, mise à disposition ou usage par une tierce personne.
Anticiper la demande auprès de sa banque
Compte tenu des délais nécessaires à la fabrication des cartes internationales de type Visa ou MasterCard, l’institution recommande d’agir en amont. Le demandeur doit ainsi déposer sa requête auprès d’une banque intermédiaire agréée suffisamment tôt avant la date prévue de son départ.
La durée de validité de ce support bancaire est fixée à trois ans au minimum, selon la même source. Cette échéance permet aux voyageurs d’utiliser leur carte lors de plusieurs déplacements successifs à l’étranger.
Un adossement obligatoire à un compte devises
L’article 7 de l’instruction précise un point technique essentiel. L’émission de la carte servant de support au droit de change doit obligatoirement être rattachée à un compte devises. Ce compte doit être ouvert par le bénéficiaire auprès de sa banque intermédiaire agréée.
Par ailleurs, l’obtention de ce droit de change dépend également de la possession d’un compte bancaire libellé en dinars algériens, ajoute le régulateur. Ces deux conditions constituent le socle indispensable pour accéder à l’allocation.
Concernant le paiement de la contre-valeur en monnaie nationale, commission incluse, il devra s’effectuer uniquement par un instrument de paiement scriptural. Cette opération doit intervenir au plus tard sept jours ouvrés avant la date du voyage.
Droit de change pour voyage : les pièces à réunir dans le dossier
Pour prétendre à cette allocation touristique, le demandeur doit constituer un dossier complet. Plusieurs justificatifs sont exigés par la Banque d’Algérie afin de valider la demande.
Voici les documents requis pour l’octroi du droit de change :
– Un titre de transport aller-retour, ou une quittance fiscale de voyage terrestre conforme à la réglementation ;
– Un passeport en cours de validité ;
– Une copie de la première page de ce passeport ;
– Une copie du visa valide, lorsque celui-ci est nécessaire ;
– Un justificatif attestant des revenus du demandeur.
Un usage strictement limité aux dépenses à l’étranger
La Banque d’Algérie a par ailleurs fixé une règle claire sur l’utilisation des fonds. L’allocation touristique de 750 euros ne peut servir qu’à des opérations réalisées hors du territoire national, en lien direct avec le motif du voyage. Aucun retrait de devises ne sera donc possible en Algérie.
Une mise en garde ferme contre la fraude
Signée par le gouverneur Mohammed Lamine Lebbou, l’instruction insiste sur la lutte contre les détournements. Le régulateur avertit que tout non-respect de ces règles expose ses auteurs à de lourdes conséquences juridiques.
Le texte cible notamment les manœuvres visant à détourner le droit de change de sa finalité première. Est particulièrement visé le fait de placer ces fonds entre les mains d’une personne qui n’en serait pas le bénéficiaire réel.
De telles pratiques constituent une infraction à la législation et à la réglementation des changes. Elles exposent les contrevenants à des poursuites pénales, conformément aux lois en vigueur dans le pays.
Avec ce nouveau cadre, l’Algérie confirme sa volonté de renforcer le contrôle sur la circulation des devises. La bascule vers un paiement exclusivement par carte bancaire vise à sécuriser le dispositif et à limiter les abus. Les voyageurs devront désormais anticiper davantage leurs démarches administratives avant tout départ à l’étranger.
