Le commerce extérieur de l’Algérie demeure profondément ancré dans l’espace européen. En 2025, l’Union européenne a concentré 68 % des exportations algériennes, s’affirmant comme le premier débouché commercial du pays. D’après les statistiques de l‘International Trade Centre (ITC), reprises dans la fiche-pays 2026 publiée par l’organisme espagnol ICEX, l’Italie occupe désormais la première place parmi les clients d’Alger, devant l’Espagne et la France.
Sur l’ensemble de l’exercice 2025, les ventes algériennes à l’étranger ont totalisé 44,26 milliards de dollars, en recul de 14,7 % comparé à 2024. Ce repli n’a toutefois pas remis en cause le poids déterminant du continent européen dans le commerce national.
Cette dépendance s’explique en grande partie par les livraisons d’hydrocarbures, qui constituent encore l’essentiel des recettes tirées des échanges commerciaux algériens.
L’Italie s’impose comme le premier client des exportations algériennes
Avec 25 % des exportations algériennes en 2025, l’Italie confirme son statut de partenaire commercial de premier plan pour Alger. Elle devance nettement l’Espagne, qui capte 15,8 % des ventes extérieures, et la France, dont la part atteint 13 %.
D’autres destinations figurent également dans le classement des acheteurs. La Corée du Sud pèse pour 8,3 % des exportations, suivie par les États-Unis à 5,3 % et le Royaume-Uni à 4,9 %. Ce panorama souligne une orientation majoritairement européenne des débouchés algériens.
La position dominante de Rome repose avant tout sur l’intensité des échanges énergétiques bilatéraux. Le gaz naturel algérien joue un rôle central dans cette relation, l’Italie s’étant hissée parmi les principaux importateurs européens dans ce domaine.
Une diversification qui dépasse le secteur énergétique
Les relations commerciales entre les deux pays ne se limitent plus aux seuls hydrocarbures. Les ventes algériennes progressent dans plusieurs branches industrielles, en particulier les engrais et les produits sidérurgiques, signe d’une diversification progressive de l’offre exportatrice.
Dans le détail des chiffres, la catégorie « combustibles et huiles minérales » a rapporté 39,42 milliards de dollars en 2025. Ce poste concentre la quasi-totalité des recettes d’exportation, malgré une contraction de 18,4 % sur un an.
Des signaux encourageants hors hydrocarbures
Les ventes non pétrolières affichent plusieurs dynamiques positives. Les engrais ont généré 1,47 milliard de dollars, en progression de 56,4 % sur douze mois, tandis que les produits sidérurgiques ont atteint 988,4 millions de dollars, soit une hausse de 40,9 %.
Les produits chimiques inorganiques enregistrent eux aussi une belle avancée, avec 876,8 millions de dollars exportés, en croissance de 46,9 %. Ces résultats témoignent d’une montée en puissance progressive de certains segments industriels dans le commerce extérieur du pays.
Des importations en hausse qui alourdissent le déficit commercial
Du côté des achats à l’étranger, l’Algérie a importé pour 48,78 milliards de dollars de marchandises en 2025, soit une progression de 3 % par rapport à l’année précédente. La Chine conserve son rang de premier fournisseur avec 28,5 % des importations, tandis que l’Union européenne pèse pour 38,6 % des approvisionnements.
Les principaux postes d’importation concernent les équipements et les biens à usage industriel. Les machines et appareils mécaniques dominent avec 7,84 milliards de dollars, en hausse de 18,1 % sur un an.
Les véhicules automobiles et tracteurs enregistrent un bond spectaculaire, atteignant 5,92 milliards de dollars, soit un doublement de 100,5 %. Les appareils électriques complètent ce tableau avec 3,73 milliards de dollars d’achats à l’étranger.
Un recul marqué de certaines importations
À l’inverse, plusieurs catégories reculent nettement. Les achats de céréales chutent de 41,6 %, à 2,69 milliards de dollars, tandis que les importations de matières plastiques diminuent de 17 %, pour s’établir à 2,57 milliards de dollars.
L’écart entre ventes et achats extérieurs a conduit l’Algérie à afficher un déficit commercial estimé à environ 4,52 milliards de dollars sur l’année 2025. Ce solde négatif traduit la pression exercée par la hausse des importations face au repli des recettes pétrolières.
Malgré ce déséquilibre, les statistiques confirment que l’Union européenne reste le partenaire économique extérieur le plus décisif pour l’Algérie. Au sein de ce bloc, l’Italie occupe une position particulièrement forte, illustrant l’importance stratégique des liens énergétiques entre les deux rives de la Méditerranée.