Les acheminements de gaz algérien par canalisations vers le Vieux Continent continuent leur dynamique positive. Selon des chiffres récents, la tendance à la hausse se confirme dans plusieurs États européens, témoignant du rôle croissant d’Alger dans le dispositif énergétique continental. Un rapport de l’Unité de recherche en énergie de Washington, rendu public le 25 mai 2026, confirme cette progression des volumes algériens. Les installations gazières du sud de l’Europe enregistrent une activité soutenue, consolidant la position stratégique de l’Algérie comme partenaire énergétique majeur de l‘Union européenne.
Les approvisionnements gaziers européens en légère hausse
En avril 2026, l’Union européenne a reçu 12,2 milliards de mètres cubes de gaz naturel par gazoducs. Cette performance marque une progression de 0,2% comparativement à avril 2025. Toutefois, une contraction de 5% est observée par rapport au mois précédent, qui affichait 12,9 milliards de mètres cubes.
Sur le premier quadrimestre 2026, le cumul des réceptions européennes via les canalisations atteint 49 milliards de mètres cubes. Ce total représente une augmentation de 2% face aux 47,8 milliards enregistrés sur la période équivalente en 2025.
Néanmoins, ces volumes demeurent largement inférieurs aux niveaux d’avant 2022. Ils affichent un recul de 46,7% par rapport aux chiffres de 2021, période antérieure au conflit ukrainien qui a bouleversé la carte énergétique européenne.
La recomposition du mix gazier européen
La structure des importations gazières de l’Union européenne a connu une transformation majeure depuis 2021. La contribution des gazoducs au total des approvisionnements est passée de 80% à 55% entre 2021 et 2025. Parallèlement, le gaz naturel liquéfié a vu sa part doubler, grimpant de 20% à 45%.
Cette redistribution reflète les efforts de diversification des sources d’approvisionnement. L’Europe a dû repenser rapidement sa stratégie énergétique face à la réduction drastique des flux russes. Les terminaux de regazéification se sont multipliés, modifiant profondément les routes d’acheminement du gaz vers le continent.
L’Algérie renforce ses livraisons vers l’Espagne et l’Italie
Les exportations algériennes de gaz vers l’Espagne ont bondi de 7% durant les quatre premiers mois de 2026, comparativement à la même période l’année précédente. Cette croissance témoigne du dynamisme commercial entre Alger et Madrid dans le secteur énergétique.
Du côté italien, les acheminements algériens affichent une progression de 4% sur la même période. Le réseau TransMed, qui traverse la Tunisie avant d’atteindre la Sicile, constitue l’artère principale de ces flux. L’Italie et l’Espagne demeurent ainsi les deux principales portes d’entrée du gaz algérien sur le territoire de l’Union.
Durant le premier quadrimestre 2026, l’Italie a capté 15% du total des importations européennes par canalisations. L’Allemagne conserve sa position de premier récepteur continental avec 11,5 milliards de mètres cubes, représentant environ un quart des volumes totaux acheminés par gazoducs.
La production algérienne de gaz naturel a atteint 29 milliards de mètres cubes au premier trimestre 2026, contre 27,86 milliards durant la période comparable de 2025. Cette augmentation de 1,14 milliard de mètres cubes souligne la capacité de production accrue du pays maghrébin.
La Norvège maintient sa domination dans les flux par canalisations
Le royaume scandinave fournit approximativement 30% des importations gazières totales de l’Union européenne et plus de 50% des approvisionnements par gazoducs, selon les statistiques d’Eurostat pour 2026. Les livraisons norvégiennes vers la France ont augmenté de 18% entre janvier et avril 2026.
La Pologne a enregistré une hausse encore plus marquée, avec une progression de 27% sur la même période. À l’inverse, les Pays-Bas ont vu leurs réceptions norvégiennes chuter de 42%, reflétant probablement une réorientation des flux vers d’autres destinations européennes.
Concernant la Russie, les exportations via le gazoduc TurkStream ont progressé de 7% durant les quatre premiers mois de 2026. Malgré cette légère remontée, la part du gaz russe acheminé par canalisations dans le mix européen est tombée d’environ 45% en 2021 à seulement 12% en 2025.
L’Agence internationale de l’énergie a récemment alerté les capitales européennes sur les risques d’une nouvelle dépendance au gaz russe. Dans le contexte géopolitique actuel, marqué par les tensions moyen-orientales et la fermeture du détroit d’Ormuz, l’organisation qualifie cette option d’erreur stratégique majeure.
Diversité des fournisseurs : succès et difficultés
La Libye représente le seul fournisseur européen dont les exportations ont diminué durant les quatre premiers mois de 2026. Ses livraisons vers l’Italie se sont effondrées de 68%, traduisant l’instabilité persistante de la situation énergétique libyenne et les difficultés d’exploitation de ses infrastructures gazières.
L’Azerbaïdjan affiche quant à lui une croissance modérée de 3% sur la période janvier-avril 2026. Le pays caucasien maintient ainsi son rôle de fournisseur alternatif pour le sud-est européen via le corridor gazier transadriatique.
Un phénomène remarquable concerne le Royaume-Uni, devenu plaque tournante du GNL regazéifié vers le continent. Les volumes britanniques acheminés vers l’Europe continentale via les interconnexions ont explosé de 272%. Le solde net des échanges entre le Royaume-Uni et l’Europe a quintuplé, atteignant 0,9 milliard de mètres cubes sur les quatre premiers mois de 2026.
Cette performance confirme que l’Union européenne diversifie efficacement ses sources d’approvisionnement gazier. L’Algérie s’inscrit pleinement dans cette stratégie, bénéficiant de sa proximité géographique et de ses capacités d’acheminement direct vers le territoire européen. La poursuite de cette dynamique dépendra de la capacité du pays à maintenir sa production et à moderniser ses infrastructures d’exportation.