Sur le marché noir des devises en Algérie, l’euro poursuit son mouvement de baisse face au dinar, confirmant une tendance amorcée depuis plusieurs jours. Ce recul de la monnaie unique intervient dans un climat où l’offre et la demande dictent en permanence les cotations du circuit parallèle, très suivi par les particuliers comme par les acteurs économiques.
Principale devise échangée dans les points de change informels du pays, l’euro voit sa valeur diminuer progressivement. Les cotations relevées dans les grandes villes, notamment à Alger, traduisent un affaiblissement continu de la devise européenne par rapport à la monnaie nationale.
Concrètement, la monnaie européenne se négociait, le mardi 28 juillet 2026, à 275 dinars à la vente. Cela représente une progression de 5 centimes sur la journée précédente et de 10 centimes sur l’avant-veille. À l’achat, l’euro s’échangeait autour de 273 dinars dans plusieurs bureaux informels, en particulier au Square Port Saïd, dans la capitale.
Le recul de l’euro se confirme sur le marché parallèle
Cette dynamique tranche avec la position dominante que l’euro occupe habituellement dans les transactions du marché parallèle algérien. La devise reste très demandée, portée par les liens économiques et humains qui unissent l’Algérie à plusieurs États européens.
La France figure au premier rang de ces partenaires, en raison de l’importante communauté algérienne qui y réside. Ces flux migratoires et familiaux nourrissent une demande constante en monnaie unique, ce qui explique sa prééminence sur le circuit informel.
Le marché parallèle des devises tient une place singulière dans l’économie du pays. Fonctionnant en marge du système bancaire officiel, il répond à des besoins précis liés aux déplacements à l’étranger, aux transferts d’argent et à certaines opérations commerciales.
Plusieurs facteurs influencent l’évolution du change
La récente baisse de l’euro sur le marché noir s’explique par une combinaison de paramètres. Les variations de la demande en devises, les périodes estivales et les besoins ponctuels des voyageurs modifient rapidement les niveaux de cotation observés.
Le volume de devises disponible pèse également sur la formation des prix. Quand davantage de monnaie étrangère circule dans les bureaux informels, la pression sur les taux tend mécaniquement à s’alléger, ce qui favorise le repli constaté.
Le rôle croissant des circuits bancaires officiels
Ce recul survient alors que les autorités algériennes multiplient les initiatives pour renforcer le poids du système bancaire dans les opérations de change. L’objectif affiché consiste à inciter les citoyens à privilégier les canaux réglementés.
À travers ces mesures, l’État cherche à réduire l’ampleur du marché informel, souvent perçu comme un indicateur des difficultés d’accès aux devises. Le renforcement de l’allocation touristique s’inscrit dans cette volonté d’élargir l’offre officielle en euros.
Le marché des devises reste sous étroite surveillance
L’écart entre le taux officiel du dinar et sa cotation sur le marché parallèle demeure un sujet scruté en permanence. Cette différence illustre les tensions durables autour de l’accès aux monnaies étrangères et les habitudes ancrées chez une partie de la population.
Sur le circuit informel, l’euro conserve son statut de monnaie de référence, loin devant d’autres devises comme le dollar américain. Ses fluctuations sont donc considérées comme un baromètre par de nombreux opérateurs économiques.
Cette situation n’est pas propre à l’Algérie. Dans plusieurs pays du Maghreb, les marchés parallèles de devises persistent, alimentés par des besoins similaires liés aux voyages, aux importations et aux transferts de la diaspora installée en Europe.
La tendance actuelle devra toutefois se confirmer dans les prochaines semaines pour prendre valeur de mouvement durable. Les cotations du marché noir restent tributaires de la disponibilité des billets, de la demande saisonnière et des orientations économiques décidées par les pouvoirs publics.

