Cet Aïd-el-Adha, les consommateurs algériens pourraient devoir payer cher pour acquérir un mouton. Toutefois, l’importation de moutons est envisagée pour réguler les prix élevés. Cela soulève la question : les consommateurs devront-ils véritablement se sacrifier pour accomplir le rituel du sacrifice ?
Évolution des Prix des Moutons Locaux
Sur le marché de Bougtob, un jeune mouton de sept mois a été observé au prix de 85 000 dinars le 7 avril dernier. Un coût considérable pour les foyers avec des revenus modestes, même après l’augmentation du salaire minimum national à 24 000 dinars en janvier 2026.
Impact des Moutons Importés sur le Marché
Face à l’inflation des prix, les autorités ont opté pour l’importation d’un million de moutons à partir de 2025. Pour 2026, le prix maximum d’un mouton importé est fixé à 50 000 dinars grâce à une détaxation des importations. Cette mesure vise à permettre à un plus grand nombre d’Algériens de participer au rituel de l’Aïd-el-Adha.
Les moutons importés proviennent de divers pays tels que ceux du Sahel, la Roumanie, l’Espagne, l’Uruguay, la Mauritanie et le Kenya. Parmi eux, les moutons espagnols sont particulièrement appréciés, probablement en raison de l’élevage sur des pâturages similaires à ceux de l’Algérie.
Les Défis de l’Élevage et la Portée des Importations
L’élevage ovin pour l’Aïd-el-Adha en Algérie est une activité lucrative. Toutefois, l’annonce d’importations en 2025 a rapidement fait chuter les prix. Selon le président Abdelmadjid Tebboune, cette initiative a réduit les prix de dix millions.
La demande dépasse souvent l’offre, contribuant à l’escalade des prix. Bien que des avancées technologiques dans l’irrigation aient émergé, l’élevage traditionnel persiste dans les zones non irriguées. La rareté des bergers aggrave cette situation, comme l’a exprimé un éleveur en déclarant que les enfants ne vont plus à l’école pour garder les moutons.

La réduction des parcours steppiques due à la désertification et à la conversion en terres agricoles contraint davantage les éleveurs, poussant à l’importation comme stratégie d’équilibrage. La Mauritanie, avec son vaste cheptel, pose un avantage logistique, tout comme les plaines du Kenya qui accueillent les éleveurs durant les périodes de sécheresse.
La diversification des sources et l’amélioration des ressources locales sont essentielles pour une meilleure offre. L’adoption d’approches traditionnelles, telles que le sacrifice collectif par la famille élargie, pourrait être une solution viable à l’heure où la société se modernise.