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Régularisation des sans-papiers : le cri d’alarme de Me Megherbi

La régularisation des sans-papiers travaillant dans l’Hexagone entre dans une phase critique. Issue de la loi immigration adoptée le 26 janvier 2024, cette voie exceptionnelle de régularisation pour les travailleurs étrangers sans titre de séjour cessera de produire ses effets le 31 décembre 2026, faute de prolongation législative prévue à ce jour.

Comprendre le dispositif de régularisation des travailleurs étrangers

Ce mécanisme offre aux salariés étrangers employés dans des secteurs qualifiés d’« en tension » la possibilité de solliciter un titre de séjour, sous réserve de remplir certains critères. Son principal atout : le demandeur n’a plus besoin de l’aval de son employeur ni de sa signature pour engager les démarches administratives.

Concrètement, le dispositif découle de l’article 27 du texte, qui a donné naissance à l’article L. 435-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). Un arrêté daté du 21 mai 2025 est venu préciser la liste des professions et des bassins d’emploi touchés par des pénuries de main-d’œuvre.

Figurent notamment parmi ces métiers ceux du bâtiment et des travaux publics, de l’hôtellerie, de la restauration ou encore de l’aide à la personne. Autant de domaines où les entreprises peinent à pourvoir leurs postes vacants.

Les conditions à réunir pour déposer un dossier

Pour prétendre à cette régularisation, le candidat doit résider sur le territoire français sans interruption depuis au moins trois années. Il lui faut également justifier d’une activité professionnelle d’une durée minimale de douze mois.

Au moment du dépôt du dossier en préfecture, l’intéressé doit occuper un emploi relevant d’un secteur en tension et démontrer son intégration dans la société française. L’ensemble de ces éléments fait l’objet d’un examen attentif par l’administration préfectorale.

Il convient de souligner un point essentiel : exercer dans une filière en manque de bras ne garantit nullement l’obtention automatique d’un titre de séjour. Il s’agit simplement d’une porte d’entrée supplémentaire vers la régularisation, soumise à l’appréciation des services de l’État.

Quelles répercussions pour les milliers de travailleurs concernés ?

« Dans quelques mois, la fenêtre administrative qui leur offrait une chance d’obtenir des papiers sera définitivement close », prévient Maître Megherbi, avocat inscrit au barreau de Paris. Pour lui, la disparition de ce dispositif représente une « bombe à retardement dans des préfectures déjà saturées ».

Les guichets administratifs, déjà submergés, risquent de voir leur engorgement s’aggraver. Les délais pour décrocher un rendez-vous se comptent actuellement en mois, une situation que l’avocat juge alarmante pour les demandeurs.

« Attendre la fin de l’année équivaut pour beaucoup à un arrêt de mort administratif (…) C’est une véritable course contre la montre qui s’est engagée », insiste Me Megherbi. Chaque semaine perdue réduit mécaniquement les chances d’aboutissement.

L’appel à l’anticipation des demandeurs

Face à cette urgence, le conseil du juriste est sans équivoque : « N’attendez pas la dernière minute. » Il recommande à chacun de rassembler sans tarder l’ensemble des justificatifs attestant de sa présence sur le sol français.

« Chaque semaine compte pour réunir les preuves de présence, constituer un dossier en béton et arracher un créneau de dépôt », martèle-t-il. La préparation en amont apparaît donc comme la clé pour franchir à temps les obstacles administratifs.

Les effets attendus de la suppression du dispositif

Alors que les secteurs concernés souffrent déjà d’un déficit chronique de recrutement, compliquer la régularisation de ces travailleurs reviendrait à les renvoyer dans la clandestinité. Pourtant, nombre d’entre eux participent activement à l’économie nationale.

Du côté patronal, cette issue ne ferait qu’accentuer les tensions sur le marché du travail. Les employeurs verraient leurs difficultés à embaucher se prolonger, au détriment de pans entiers de l’activité économique.

En l’absence de reconduction du texte, une option de régularisation disparaîtra purement et simplement pour une partie des salariés étrangers. Pour d’autres, cela se traduira par un maintien durable dans une situation irrégulière.

C’est précisément ce qui motive l’alerte lancée par Me Megherbi. Il rappelle que « associations de défense des étrangers, syndicats et avocats spécialisés tirent la sonnette d’alarme et appellent à une mobilisation d’urgence ».

À l’approche de l’échéance de décembre 2026, l’avenir de milliers de travailleurs sans titre de séjour reste suspendu à d’éventuelles décisions politiques. En attendant, l’anticipation des démarches demeure le seul levier concret pour saisir cette dernière fenêtre de régularisation.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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