Le procès lié à l’affaire de manipulation de la fraude à la prime de voyage a été renvoyé au 19 août prochain. Cette décision concerne quatorze prévenus poursuivis pour des faits touchant directement à l’économie nationale. Le dossier a été examiné mercredi devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed, à Alger.
Un report du procès sur la fraude à la prime de voyage
La chambre du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a acté le renvoi de ce dossier sensible. Le juge du deuxième pôle chargé du parquet a fixé la nouvelle date d’audience au 19 août.
Ce report a été prononcé à la demande du collectif de défense des accusés. Les avocats ont justifié cette requête par le fait qu’il s’agissait de la toute première audience consacrée à ce dossier.
Le déroulement de la première audience
Après l’entrée des prévenus, détenus et non détenus, la magistrate a procédé à l’appel des différentes parties concernées. Elle a interpellé les accusés, les témoins ainsi que les parties civiles impliquées dans cette affaire.
Les avocats ont ensuite déposé leurs demandes de constitution devant la formation judiciaire. Ils ont accompagné ces requêtes de demandes de renvoi du procès, acceptées par la juge chargée du dossier.
Les charges retenues dans l’affaire de la prime de voyage
Les prévenus comparaîtront devant la troisième chambre du pôle pénal économique et financier. Ils sont poursuivis pour avoir enfreint les règles encadrant l’octroi de l’allocation touristique fixée à 750 euros.
Les chefs d’accusation retenus contre eux sont particulièrement lourds. Ils relèvent d’un niveau de gravité jugé menaçant pour la stabilité de l’économie du pays.
Des accusations à caractère économique
Les accusés font notamment face à un délit de contrebande susceptible de fragiliser l’économie nationale. Leur sont également reprochées des infractions à la législation en vigueur.
À cela s’ajoutent la violation des règles encadrant le change et les mouvements de capitaux vers l’étranger. Les prévenus sont enfin poursuivis pour blanchiment d’argent et abus de fonction.
Le mécanisme de la fraude à la prime de voyage dévoilé
Les investigations approfondies menées dans ce dossier ont permis de mettre au jour un système sophistiqué. Certains réseaux avaient recours à des méthodes bien rodées pour détourner cette allocation touristique.
Ces filières faisaient entrer des citoyens sur le territoire tunisien de manière parfaitement légale. Les passeports des voyageurs étaient alors tamponnés lors de ce passage frontalier officiel.
Un dispositif de contournement élaboré
Une fois cette formalité accomplie, les personnes concernées étaient rapidement ramenées en Algérie. Ce retour s’effectuait via des points de passage non surveillés, échappant au contrôle des autorités.
Les voyageurs ne respectaient ainsi jamais la durée de séjour légale, estimée à sept jours. Ils étaient ensuite réintroduits sur le sol tunisien afin de finaliser les procédures formelles requises.
Une menace directe pour le marché des changes
Cette opération de tromperie complexe portait atteinte à la stabilité du marché des changes en Algérie. Le détournement de la prime de voyage constitue en effet un levier de spéculation sur les devises étrangères.
Les enquêteurs ont souligné l’ampleur du préjudice causé à l’équilibre économique national. Le mécanisme frauduleux permettait de récupérer indûment des sommes en euros destinées aux voyages touristiques légitimes.
Ce dossier illustre la volonté des autorités judiciaires de lutter contre les réseaux exploitant l’allocation touristique. La prochaine audience du 19 août devrait permettre d’examiner sur le fond les responsabilités de chacun des quatorze prévenus. Les suites de ce procès seront suivies de près au regard de leur impact sur le système de change national.

