Les États-Unis imposent des surtaxes à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l’Algérie, depuis ce vendredi 24 juillet. Le bureau du représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a confirmé jeudi l’application de droits de douane compris entre 10 % et 12,5 % selon les pays concernés.
Ces nouvelles mesures viennent remplacer les taxes douanières décrétées en février dernier par le président Donald Trump. Ces premières surtaxes avaient été annulées par la Cour suprême américaine, contraignant l’administration à revoir sa stratégie commerciale.
D’après les explications fournies par le bureau de Greer, ce dispositif cible spécifiquement les nations qui n’ont pas complètement banni de leurs circuits d’approvisionnement les marchandises produites grâce au « travail forcé ».
Une surtaxe de 12,5 % frappe les produits algériens exportés vers les États-Unis
Au total, 41 pays subissent le taux le plus élevé de 12,5 %. Cette liste comprend l’Algérie, mais aussi le Maroc, les Émirats arabes unis, la Turquie et l’Arabie saoudite. Ces États sont pénalisés faute d’avoir instauré une interdiction formelle sur les produits issus du travail forcé.
Washington reproche à ces partenaires de ne pas avoir mis en place de législation contraignante contre ce type d’importations. Le classement établi par les autorités américaines distingue ainsi les pays selon leur engagement dans cette lutte.
Les principaux produits algériens visés par les droits de douane américains
L’Algérie écoule sur le marché américain plusieurs catégories de biens. Les hydrocarbures, l’acier, les engrais azotés et le ciment figurent parmi les exportations les plus significatives vers les États-Unis.
À ces produits industriels s’ajoute une gamme agroalimentaire variée, expédiée toutefois en volumes réduits. On y retrouve notamment l’huile d’olive, les avocats, les tomates, les confitures et gelées, ainsi que les eaux aromatisées.
La liste s’étend également aux margarines, aux fruits et noix, aux algues, à l’extrait de malt, aux pâtes alimentaires et aux différentes sauces. Ces marchandises constituent une part modeste mais diversifiée du commerce bilatéral.
Un effondrement des exportations d’acier algérien
L’acier a longtemps représenté un pilier des échanges commerciaux entre Alger et Washington. Toutefois, les volumes livrés ont connu une chute spectaculaire ces dernières années.
En 2024, les expéditions d’acier algérien vers les États-Unis se sont limitées à 91 000 tonnes, pour une valeur de 50 millions de dollars. Un an plus tôt, en 2023, ces chiffres atteignaient encore 440 000 tonnes et 274 millions de dollars.
Le recul est d’autant plus marqué que 2022 affichait 263 000 tonnes exportées, correspondant à 268 millions de dollars. Cette dégringolade illustre les difficultés du secteur sidérurgique national sur le marché nord-américain.
Selon les données de l’Office national des statistiques, l’Algérie a globalement exporté pour 3,09 milliards de dollars de produits vers les États-Unis au cours de l’année 2023. Ces surtaxes pourraient donc affecter un flux commercial déjà fragilisé.
Dix-sept pays bénéficient d’un taux réduit de 10 %
Parallèlement au groupe des 41 pays taxés à 12,5 %, une autre catégorie profite d’un traitement plus favorable. Dix-sept nations sont soumises à des droits de douane fixés à seulement 10 %.
Cette liste rassemble l’Argentine, le Bangladesh, le Cambodge, le Canada, l’Équateur, le Salvador, le Guatemala, le Honduras et l’Inde. On y trouve également l’Indonésie, la Jordanie, la Malaisie, le Mexique et le Pakistan.
Le Sri Lanka, le Royaume-Uni et la Trinité-et-Tobago complètent ce groupe. D’après la Maison Blanche, ces pays ont pris des engagements concrets pour combattre l’importation de produits liés au travail forcé.
L’Union européenne et Taïwan également concernés
Au-delà de ces dix-sept États, deux autres entités économiques majeures figurent dans le barème allégé. L’Union européenne et Taïwan sont eux aussi soumis à des droits de douane de 10 % sur leurs exportations.
Cette différenciation tarifaire témoigne de la volonté américaine d’établir un système de récompenses et de sanctions. Les partenaires les plus proactifs contre le travail forcé échappent ainsi au taux maximal appliqué à l’Algérie et à ses voisins maghrébins.
La mise en œuvre de ces surtaxes marque une nouvelle étape dans la politique commerciale protectionniste de Washington. Pour l’Algérie, l’enjeu consistera désormais à adapter sa stratégie d’exportation face à ces barrières douanières renforcées, dans un contexte déjà marqué par le déclin de certaines filières comme la sidérurgie.