La question de savoir si Zinédine Zidane a été contacté par l’Algérie hante les débats footballistiques depuis plus de trente ans. Le triple Ballon d’Or, issu d’une famille kabyle, aurait pu défendre les couleurs des Fennecs avant de choisir les Bleus. L’intéressé a fini par trancher lui-même cette longue polémique.
Depuis les années 1990, un récit circule de part et d’autre de la Méditerranée. Le jeune Zidane, alors sous les couleurs de l’AS Cannes, aurait été proposé à la Fédération algérienne de football. Le sélectionneur d’alors, Abdelhamid Kermali, l’aurait écarté en le jugeant « trop lent » ou « trop lourd ».
Cette anecdote a fini par s’installer comme l’une des légendes les plus tenaces du football algérien. Elle a nourri des générations de discussions, entretenant le regret d’un talent perdu pour la sélection nationale.
Zidane dément tout contact avec la Fédération algérienne
Ce scénario a été sérieusement remis en cause par le journaliste algérien Lakhdar Berriche. Ancien collaborateur de BeIN Sports, il officie aujourd’hui comme présentateur sur la chaîne Sport Plus.
Berriche assure avoir posé directement la question à Zinédine Zidane à l’époque où celui-ci évoluait au Real Madrid. La réponse de l’ancien meneur de jeu de la Juventus et de l’équipe de France fut catégorique.
Selon ce témoignage, aucun responsable de la Fédération algérienne ni aucun sélectionneur ne l’a jamais approché durant ses jeunes années. Cette mise au point efface donc l’idée d’un refus des Fennecs à son égard.
Les règlements de la FIFA fragilisent la légende
Au-delà des déclarations rapportées, le cadre réglementaire de l’époque appuie cette version des faits. Dès la fin des années 1980, Zidane figurait déjà dans les sélections françaises de jeunes.
Les normes en vigueur étaient alors nettement plus rigides qu’aujourd’hui en matière de nationalité sportive. Un joueur déjà engagé avec une fédération dans les catégories de jeunes ne pouvait pratiquement plus représenter un autre pays.
Un assouplissement tardif des règles
Il a fallu attendre 2009 pour que l’instance mondiale du football révise ces dispositions. Cette réforme a ouvert la porte, sous certaines conditions, aux joueurs binationaux souhaitant changer de sélection.
Dans le cas de Zidane, ce changement de cadre est arrivé bien trop tard pour avoir la moindre incidence. Sa trajectoire internationale était déjà tracée depuis longtemps du côté français.
Un attachement revendiqué à ses racines algériennes
Même sans avoir jamais enfilé le maillot vert et blanc, Zidane n’a jamais renié ses origines. Né à Marseille en 1972 de parents venus de Kabylie, il a souvent affiché sa fierté familiale.
Au fil de sa carrière, l’ancien capitaine des Bleus a régulièrement évoqué ce lien profond avec l’Algérie. Cet héritage identitaire est resté une composante forte de son image publique.
Une carrière hors norme
Sur le terrain, son palmarès parle de lui-même. Champion du monde en 1998, vainqueur de l’Euro 2000 et Ballon d’Or la même année, il s’est imposé comme une figure majeure du football français.
Après sa reconversion, il a poursuivi son ascension en tant qu’entraîneur. Sur le banc du Real Madrid, il a bâti l’un des palmarès les plus impressionnants du football moderne.
Une rumeur définitivement enterrée
Son arrivée à la tête de l’équipe de France a relancé l’intérêt autour de cette vieille histoire. Beaucoup se sont à nouveau interrogés sur ce qu’aurait pu être sa carrière chez les Fennecs.
Mais cette fois, les propos de Zidane paraissent clore le débat de manière durable. D’après ses propres mots, jamais la Fédération algérienne de football n’a cherché à le recruter.
Cette clarification remet en perspective un mythe entretenu pendant des décennies. Entre témoignage direct et contraintes réglementaires, la thèse d’un Zidane recalé par l’Algérie perd toute consistance.