Le visa Schengen reste une porte d’entrée convoitée vers l’Europe, mais tous les candidats ne bénéficient pas du même traitement. En 2025, les demandeurs algériens ont fait face à un taux de refus nettement supérieur à celui de leurs voisins marocains et tunisiens. Les statistiques officielles de la Commission européenne dessinent un tableau contrasté pour le Maghreb.
L’Algérie recule au 8ᵉ rang mondial des demandes de visa Schengen
Durant l’année écoulée, les services consulaires européens implantés en Algérie ont enregistré 444 577 dossiers de demande de visa Schengen. Ce volume place le pays à la huitième position du classement mondial en nombre de requêtes déposées.
Le palmarès des nations les plus demandeuses est largement dominé par les puissances asiatiques et l’Europe de l’Est. Voici la hiérarchie établie pour l’exercice 2025 :
- Chine : 1 915 149 demandes
- Turquie : 1 268 376 demandes
- Inde : 1 153 748 demandes
- Russie : 679 425 demandes
- Maroc : 619 827 demandes
- Arabie saoudite : 553 967 demandes
- Royaume-Uni : 512 426 demandes
- Algérie : 444 577 demandes
Cette forte affluence traduit l’intérêt persistant des ressortissants algériens pour un séjour dans l’espace Schengen, que ce soit pour le tourisme, les visites familiales ou les soins médicaux.
Un taux de refus record parmi les dix premiers pays demandeurs
Les représentations diplomatiques des États membres ont opposé un refus à 137 860 dossiers déposés en Algérie sur la période concernée. Cela représente un taux de rejet de 31,3 %, en léger repli par rapport aux 35 % observés en 2024.
Ce pourcentage demeure toutefois particulièrement élevé au regard de la moyenne internationale. À l’échelle mondiale, le taux de refus s’est établi à seulement 14,6 % en 2025, soit plus de deux fois inférieur au chiffre algérien.
Plus de 300 000 visas délivrés malgré les rejets
Selon les données de la Commission européenne, consultées le mardi 25 août, les consulats ont finalement accordé 302 181 visas aux ressortissants algériens sur l’ensemble de l’année. Le taux d’acceptation atteint ainsi 68 %.
Un examen plus détaillé révèle que 108 795 de ces visas délivrés étaient à entrées multiples, soit une proportion de 36 %. Ce sésame autorise son détenteur à franchir plusieurs fois les frontières de l’espace Schengen durant toute sa période de validité.
Comparaison avec le Maroc et la Tunisie
La situation algérienne apparaît nettement moins favorable lorsqu’on la met en perspective avec celle des pays limitrophes. Le contraste est saisissant, particulièrement avec le Royaume chérifien.
Le Maroc affiche un taux de rejet bien plus bas
Les consulats européens installés au Maroc ont reçu 619 827 demandes de visa de court séjour en 2025. Pourtant, malgré ce volume supérieur, le taux de refus n’y a atteint que 19,2 %, contre 31,3 % pour l’Algérie.
Avec près de 175 000 demandes de moins que son voisin, l’Algérie enregistre donc davantage de décisions négatives en valeur absolue. Le Maroc, cinquième au classement mondial, a vu 480 354 visas accordés à ses ressortissants.
L’écart se creuse également sur le terrain des visas à entrées multiples. Au Maroc, 265 244 de ces documents ont été émis, représentant environ 55 % des visas délivrés, contre seulement 36 % côté algérien.
La Tunisie mieux positionnée que l’Algérie
La Tunisie, classée au quinzième rang mondial, a présenté 188 579 demandes de visa Schengen sur l’année. Les consulats ont validé 149 805 dossiers, ce qui correspond à un taux de refus de 20,6 %.
Là encore, le taux d’acceptation tunisien surpasse largement celui observé en Algérie. Les deux voisins du Maghreb bénéficient donc d’un traitement consulaire nettement plus clément.
Un écart révélateur entre les trois pays du Maghreb
Le bilan chiffré met en lumière une réalité claire : si le Maroc dépose davantage de demandes que l’Algérie, il conjugue un taux de refus inférieur et une part bien plus importante de visas à entrées multiples. La Tunisie suit une tendance comparable.
Ces données confirment que les candidats algériens au visa Schengen restent les plus exposés aux refus au sein du Maghreb. Cette disparité, persistante d’une année à l’autre, interroge sur les critères d’évaluation appliqués par les représentations européennes selon les pays d’origine.