La suppression du visa pour les Algériens gagne une nouvelle destination africaine. À partir du 1er janvier 2027, les titulaires d’un passeport algérien pourront entrer au Tchad sans démarche préalable de visa. Cette ouverture, valable pour tous les ressortissants du continent, illustre l’élan actuel vers la libre circulation en Afrique.
Le Tchad supprime le visa pour les Algériens et tous les Africains
C’est le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, qui a dévoilé cette mesure le 15 juillet 2026. L’annonce a été faite lors de l’ouverture du Forum africain de l’Eau, organisé dans la capitale N’Djaména.
Le dispositif s’adresse aux citoyens de l’ensemble des pays africains, sans distinction de nationalité. Le chef de l’État a présenté cette décision comme une étape supplémentaire dans l’engagement de son pays en faveur de l’intégration continentale.
Dans son intervention, il a qualifié le Tchad de véritable carrefour, reliant l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est ainsi que le nord et le sud du continent. Une position géographique qu’il souhaite valoriser à travers cette exemption de visa.
Une exemption qui ne concerne que l’entrée sur le territoire
Il convient de bien cerner la portée de cette mesure. L’annonce vise uniquement les visas d’entrée sur le sol tchadien, et non les autres autorisations administratives.
Autrement dit, les voyageurs africains ne pourront pas pour autant travailler, s’installer durablement ou exercer une activité professionnelle au Tchad. Ces situations nécessiteront toujours une autorisation complémentaire délivrée par les services compétents.
L’entrée en vigueur reste fixée au 1er janvier 2027. Plusieurs points doivent toutefois encore être précisés par les autorités : durée maximale du séjour, documents acceptés, formalités préalables, cas des mineurs et règles pour les déplacements professionnels.
Des nationalités africaines déjà dispensées de visa au Tchad
Cette réforme viendra élargir un cadre existant. Plusieurs pays africains bénéficient déjà d’une exemption de visa pour se rendre au Tchad.
La plateforme officielle evisa.td cite notamment le Bénin, le Cameroun, la République du Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Gambie et la Guinée équatoriale. Figurent aussi Maurice, le Mali, le Niger, le Nigeria, la République centrafricaine, le Rwanda et le Togo.
Tchad
54 pays, zéro visa, six mois pour tout organiser : le pari tchadien de la libre circulation
Le 15 juillet 2026, lors du Forum africain de l’eau à N’Djamena, le président Mahamat Idriss Déby Itno annonce la suppression des visas d’entrée pour tous les… pic.twitter.com/NLwGJifo7f
— Cap’Ivoire Info (@CapIvoire_Info) July 17, 2026
En attendant la mise en œuvre de l’exemption généralisée, les autres nationalités africaines restent soumises aux règles actuelles. Depuis le 11 mai 2026, les demandes de visa s’effectuent exclusivement en ligne, via la plateforme evisa.td.
Les visas diplomatiques et de courtoisie échappent à ce circuit. Ils demeurent gérés séparément par le ministère tchadien des Affaires étrangères.
Une dynamique panafricaine autour de la fin du visa
La décision tchadienne s’inscrit dans les objectifs défendus par l’Union africaine. L’organisation milite depuis plusieurs années pour faciliter les déplacements des citoyens à l’intérieur du continent.
Le Tchad emboîte ainsi le pas au Togo, qui a supprimé le visa pour tous les ressortissants africains depuis le 18 mai 2026. Ce régime autorise un séjour de 30 jours maximum, sous réserve d’une déclaration de voyage effectuée au moins 24 heures avant l’arrivée.
D’autres États ont franchi le même cap : le Bénin, le Ghana, le Rwanda, les Seychelles et la Gambie ont eux aussi levé l’obligation de visa pour les Africains.
Une entrée en vigueur commune avec le Congo
La réforme du Tchad prendra effet à la même date que celle annoncée par la République du Congo. Le 25 mai 2026, le président Denis Sassou N’Guesso avait indiqué que tous les Africains seraient dispensés de visa dès le 1er janvier 2027.
Cette dispense congolaise reste conditionnée à certaines formalités administratives et sécuritaires, encore à définir. Deux pays d’Afrique centrale ouvriront donc simultanément leurs frontières aux voyageurs du continent.
Ces initiatives s’appuient sur le projet de passeport africain porté par l’Union africaine. L’objectif est de réduire les obstacles empêchant les Africains de circuler, de travailler et de résider ailleurs sur le continent.
Ce que ces réformes changent pour les voyageurs algériens
Pour les ressortissants du Maghreb, ces ouvertures successives élargissent progressivement l’éventail des destinations accessibles sans visa. L’Algérie, dont les citoyens font souvent face à des restrictions à l’étranger, tire directement profit de ce mouvement continental.
Les chiffres traduisent néanmoins un chantier encore vaste. Selon la dixième édition de l’Indice d’ouverture sur les visas en Afrique, publiée par la Banque africaine de développement et la Commission de l’Union africaine, seuls 28,2 % des trajets intra-africains pouvaient s’effectuer sans visa en 2025.
La suppression du visa au Tchad pour les Algériens confirme donc une tendance de fond vers une Afrique plus ouverte. Reste à voir comment les autorités préciseront les modalités pratiques d’ici l’échéance de janvier 2027.

54 pays, zéro visa, six mois pour tout organiser : le pari tchadien de la libre circulation
Le 15 juillet 2026, lors du Forum africain de l’eau à N’Djamena, le président Mahamat Idriss Déby Itno annonce la suppression des visas d’entrée pour tous les… 
