Le chef du parti Les Républicains en France, Bruno Retailleau, et candidat à la présidence, plaide pour la réintroduction des contrôles aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen. Cette proposition fait suite à l’annonce par l’Espagne d’un plan visant à régulariser un grand nombre de migrants vivant en situation irrégulière.
Bruno Retailleau défend le rétablissement des contrôles aux frontières
Le gouvernement espagnol, sous la direction de Pedro Sánchez, a approuvé un décret permettant la régularisation des personnes présentes dans le pays depuis avant le 1er janvier 2026. Pour être admissibles, les migrants doivent justifier d’une résidence continue de cinq mois minimum et ne pas avoir de casier judiciaire. Ce processus leur permettra d’obtenir un permis de séjour ainsi que le droit de travailler en Espagne. Les autorités espagnoles justifient cette initiative par des besoins dans des secteurs tels que l’agriculture et la construction, et soulignent également les défis liés au vieillissement de la population.
Arguments de Bruno Retailleau sur les effets de la régularisation espagnole
Lors d’une apparition sur LCI le 20 avril, Bruno Retailleau a critiqué la démarche espagnole, qualifiant cette régularisation de « massive » et « impossible ». Il a laissé entendre que l’Espagne pourrait être mise à l’écart sur la scène européenne à cause de cette démarche. Retailleau appelle à la réintroduction des contrôles permanents aux frontières internes de l’espace Schengen pour contrer les conséquences possibles. Il s’inquiète notamment que les personnes régularisées en Espagne puissent se rendre dans d’autres pays, notamment la France. La législation française actuelle permet déjà la mise en place de contrôles temporaires aux frontières internes dans le cas de menaces pour l’ordre public ou la sécurité intérieure.
L’interaction entre libre circulation et différences politiques nationales dans l’espace Schengen
L’espace Schengen est conçu pour éliminer les contrôles systématiques entre ses membres, favorisant ainsi la libre circulation. Cependant, lorsque des politiques nationales divergent, cela peut influencer les mouvements de personnes. Ce phénomène est appelé mouvements secondaires, c’est-à-dire la relocalisation de personnes régularisées ou autorisées à séjourner dans un pays vers un autre État membre.
Les États européens manifestent des opinions variées concernant l’approche espagnole. Alors que l’Espagne considère sa régularisation comme nécessaire pour des raisons économiques et démographiques, la droite française, à travers les paroles de Retailleau, appelle à revoir les règles de la libre circulation. La Commission européenne suit l’évolution de la situation, mais n’a pas encore annoncé de mesures spécifiques.