La visite de Pedro Sanchez à Alger marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre l’Algérie et l’Espagne. Le chef du gouvernement espagnol a atterri dans la capitale algérienne ce lundi 20 juillet, pour un séjour de travail placé sous le signe de l’amitié, selon les services du Premier ministre algérien.
Ce déplacement intervient au lendemain d’un événement historique pour le football espagnol. La sélection ibérique a en effet décroché la Coupe du monde 2026 après son succès face à l’Argentine (1-0), dimanche 19 juillet à New York. Dès son arrivée sur le sol algérien, Pedro Sanchez a été reçu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Pedro Sanchez à Alger : un accueil de haut niveau à l’aéroport
À sa descente d’avion, à l’aéroport international d’Alger, le dirigeant espagnol a été accueilli par le Premier ministre Sifi Ghrieb, entouré de plusieurs responsables de premier plan. Étaient notamment présents le ministre des Affaires étrangères Ahmed Attaf et le ministre des Hydrocarbures Mohamed Arkab.
La délégation d’accueil comptait également Ammar Abba, conseiller du chef de l’État pour les questions diplomatiques, ainsi qu’Abdel Fattah Daghmoum, ambassadeur d’Algérie auprès de l’Espagne. Ce séjour constitue le premier déplacement de Pedro Sanchez en Algérie depuis 2020.
Algérie – Espagne : tourner définitivement la page de la crise de 2022
Il s’agit aussi de la première visite d’un dirigeant espagnol de ce rang depuis la brouille diplomatique survenue en mars 2022. Ce différend avait éclaté après le retournement de position de Madrid concernant le dossier du Sahara occidental.
Pendant près de deux années, les liens entre les deux capitales ont connu une période de gel. Cette crise s’était traduite par la suspension du traité d’amitié et de bon voisinage conclu en 2002, mais aussi par le gel des échanges commerciaux.
Le gaz, seul lien préservé durant les tensions
Malgré la rupture, les livraisons de gaz avaient été maintenues entre les deux partenaires. L’Algérie demeure en effet l’un des principaux fournisseurs de l’Espagne en matière d’énergie, un secteur resté à l’abri des tensions politiques.
La normalisation s’est amorcée à partir de novembre 2023. Alger a ensuite pris l’initiative de relancer le traité d’amitié en mars 2026. La venue du dirigeant socialiste devrait sceller ce retour à des relations apaisées entre les deux nations.
Sanchez à Alger : coopération bilatérale et enjeux régionaux au programme
Cette rencontre au sommet traduit une ambition partagée. Selon les services du Premier ministre algérien, elle s’inscrit dans la volonté commune des deux dirigeants de consolider les liens de coopération entre l’Algérie et le Royaume d’Espagne.
L’objectif affiché est d’élargir les champs de collaboration bilatérale au bénéfice des intérêts des deux peuples. Au-delà des dossiers strictement économiques, les entretiens devraient aussi porter sur des sujets à portée régionale et internationale.
Un dialogue renforcé sur la scène internationale
La même source précise que ce déplacement offre l’occasion d’approfondir la concertation entre Alger et Madrid. Les deux parties entendent multiplier les échanges de points de vue sur plusieurs questions d’intérêt commun.
Cette démarche illustre, selon les autorités algériennes, la détermination des deux pays à faire avancer leurs relations bilatérales. Elle vise également à renforcer le dialogue et la coordination sur les grands dossiers de la région.
Sur son compte officiel, Pedro Sanchez a partagé son enthousiasme dès son arrivée. « Déjà en Algérie, pour continuer à approfondir, au bénéfice de nos peuples, le dialogue et la coopération que nous entretenons avec ce pays ami et stratégique pour l’Espagne », a-t-il écrit.
La visite du chef du gouvernement espagnol confirme la dynamique de réconciliation engagée depuis fin 2023. Alors que l’Espagne célèbre son triomphe planétaire au Mondial, Pedro Sanchez semble déterminé à bâtir un partenariat solide et durable avec un voisin stratégique de la rive sud de la Méditerranée.
