La compagnie Royal Air Maroc se retrouve au cœur d’une controverse au Nigeria, où elle risque désormais une suspension pure et simple de ses activités. L’autorité nationale chargée de l‘aviation civile l’accuse de multiplier les atteintes aux droits des voyageurs, notamment concernant la manutention des bagages et le suivi des réclamations. Selon le régulateur, aucune amélioration notable n’a été observée malgré des pénalités déjà infligées en 2025.
Royal Air Maroc dans le viseur de l’autorité nigériane
Michael Achimugu, responsable des affaires publiques et de la protection des consommateurs au sein de la NCAA, s’est exprimé publiquement via le réseau social X le jeudi 23 juillet 2026. Dans son message, il désigne le transporteur marocain comme le principal fautif en matière de traitement des passagers originaires du Nigeria.
Le représentant de l’agence explique que la compagnie figure depuis longtemps parmi les acteurs récidivistes sur ces questions. Il évoque des retards répétés dans la restitution des valises, des bagages abîmés ou incomplets, ainsi qu’une lenteur excessive dans le versement des indemnisations et remboursements dus.
Des sanctions en 2025 restées sans effet
Le régulateur rappelle que Royal Air Maroc avait déjà écopé de mesures disciplinaires en 2025, en raison de manquements liés à la défense des droits des consommateurs. Pourtant, la prise en charge des plaintes déposées par les usagers nigérians ne se serait guère améliorée depuis.
D’après la NCAA, les difficultés liées aux bagages persistent, tout comme les délais anormalement longs pour traiter les demandes. Les récriminations visent également l’attitude du personnel au sol et la qualité de l’accueil des passagers.
Un mécontentement qui s’accumule
L’absence de progrès tangibles après les premières sanctions pousse l’organisme de contrôle à durcir sa position. Face à ce constat, les autorités aériennes envisagent désormais des dispositions bien plus contraignantes à l’encontre du transporteur marocain.
Un dialogue rompu avec les régulateurs nigérians
Michael Achimugu reproche par ailleurs à Royal Air Maroc son manque d’implication lors des réunions convoquées par l’institution. Le directeur de la compagnie pour le Nigeria, en poste à Lagos, aurait notamment décliné toute invitation à se rendre à Abuja pour participer aux échanges officiels.
The airline, Royal Air Maroc, has for the longest time, been the biggest culprit when it comes to baggage infractions, poor passenger handling, and extremely poor resolution processes when dealing with Nigerian passengers.
Having been sanctioned – for the first time ever – for…
— Michael Achimugu (@mikeachimugu01) July 23, 2026
Selon le responsable, la compagnie se serait contentée de déléguer des émissaires dépourvus d’autorité décisionnelle. Lors d’une rencontre, le directeur régional aurait fait savoir, par le biais de son représentant, qu’il refusait de se déplacer, estimant ne pas avoir de temps à consacrer à la NCAA.
Cette attitude est perçue par l’agence comme une forme de mépris et un refus manifeste de coopérer avec l’instance de régulation. Un positionnement qui alimente désormais la tension entre les deux parties.
Vers une suspension des opérations au Nigeria
Michael Achimugu affirme que sa direction compte adopter une ligne particulièrement intransigeante dans ce dossier. Il annonce qu’il réclamera l’interruption des activités de Royal Air Maroc sur le territoire, tant que la compagnie ne prendra pas d’engagements concrets envers ses passagers.
Le responsable de la NCAA insiste sur le fait que les mesures répressives seront mises en œuvre dans les meilleurs délais. À ce stade, aucune communication officielle n’a été formulée par le transporteur marocain face à ces accusations.
L’examen mené par les autorités aériennes nigérianes se poursuit, et l’évolution du dossier dépendra largement de la réaction de la compagnie. Cet épisode illustre les défis auxquels Royal Air Maroc doit faire face pour préserver sa réputation et ses liaisons sur le continent africain.