Ahmed Tessa, pédagogue et écrivain, a récemment partagé son point de vue dans un entretien au sujet de la controverse entourant la durée des vacances scolaires en Algérie, qui a surgi après l’annonce du calendrier scolaire. Il a exprimé sa préoccupation, en indiquant que les étudiants algériens arrivent à l’université avec un déficit d’apprentissage significatif. Tessa a également plaidé en faveur d’une réforme du système éducatif algérien.
Les examens scolaires se termineront le 14 mai. Cela marque-t-il le début des vacances d’été ?

Il est surprenant de voir tant de plaintes concernant cette réduction de l’année scolaire, qui entraîne une fin précoce des apprentissages. Il est à noter que ce phénomène existe depuis plusieurs années. La raison en est que le système éducatif algérien repose sur un modèle pédagogique obsolète, nocif pour le développement de nos enfants.
Aucune avancée n’a été réalisée concernant la réduction du temps de cours effectifs. En règle générale, l’année scolaire devrait compter entre 38 et 40 semaines de cours. Cependant, même dans les meilleures années, nous n’atteignons pas plus de 25 à 26 semaines. En tenant compte d’une scolarité de 13 ans, cela signifie que les bacheliers algériens se présentent à l’université avec un manque d’environ 30 mois d’enseignements ou d’apprentissages. Cette information, fournie par le ministère de l’Éducation nationale, a été révélée lors d’une conférence nationale sur l’évaluation de la réforme en juillet 2016.
Quelle serait la durée idéale des vacances scolaires du point de vue pédagogique ? Des vacances trop longues sont-elles nuisibles pour les élèves ?
La durée appropriée des vacances dépend des conditions climatiques. Selon des experts en chronobiologie, il est recommandé de ne pas dépasser deux mois de congé. Au-delà de cette période, les connaissances acquises par les élèves commencent à diminuer, atteignant parfois un niveau critique. Il est indéniable que les vacances prolongées sont préjudiciables pour nos élèves. Quelles en sont les raisons ?
– Utilisation d’un modèle pédagogique qui entrave le développement des facultés intellectuelles avancées (analyse, synthèse, esprit critique, créativité) et privilégie une mémorisation excessive ;
– Enseignants souvent mal sélectionnés et formés ;
– Longues périodes de vacances ;
– Une année scolaire abrégée combinée à des journées d’école chargées en cours et leçons.
Dans les régions du sud, où les températures estivales sont élevées, serait-il envisageable de prolonger les cours jusqu’à fin juin ?
Évoquer cette question des régions chaudes du sud montre un manque d’originalité. Est-ce que nous sommes différents de pays comme la Jordanie, où les températures dépassent 50 °C en été, mais où la rentrée scolaire se fait à la fin d’août ? Le mois d’août est en réalité plus chaud que le mois de juin. L’Algérie bénéficie de ressources importantes. Il est de la responsabilité des autorités compétentes de déployer les moyens nécessaires pour garantir de bonnes conditions d’apprentissage : adapter les programmes aux réalités socioculturelles tout en respectant un cadre général (voir le référentiel national des programmes élaboré par le MEN en 2016). Il serait également judicieux de développer les internats, en réduisant le nombre d’établissements scolaires et en fournissant aux internats toutes les commodités nécessaires, notamment la climatisation. Il est crucial d’adapter les horaires et de mener une réflexion urgente sur la refonte de notre système scolaire pour s’éloigner de la bureaucratie et de l’idéologie qui limite la créativité.
