Le tarif du passeport algérien pour la diaspora vient d’être revu à la baisse grâce à la loi de finances 2026. Les Algériens établis à l’étranger réclamaient depuis longtemps une révision jugée légitime. Voici en détail ce qui change concrètement pour eux.
Pendant des années, les ressortissants algériens installés hors du pays devaient s’acquitter de 60 euros de droits de timbre pour obtenir un passeport de 28 pages. Dans le même temps, les résidents en Algérie ne payaient que 6 000 dinars pour le même document.
Cette différence de traitement avait été qualifiée d’« injustice » par le député de la diaspora Farès Rahmani. La loi de finances 2026 est finalement venue mettre fin à ce déséquilibre longtemps dénoncé.
Passeport algérien : la diaspora paie moins depuis janvier 2026
Entrée en application le 1er janvier dernier, la loi de finances 2026 a officialisé cette révision. Le texte aligne désormais la contre-valeur en devises exigée pour un passeport algérien sur le cours réel du dinar face aux monnaies étrangères.
Auparavant, la contre-valeur reposait sur un taux de change dépassé, sans lien avec la réalité du marché. La nouvelle réglementation prévoit au contraire des montants réévalués chaque année, fixés par un arrêté conjoint des ministres des Affaires étrangères et des Finances.
Cet arrêté a été signé par les deux responsables le 18 juillet dernier, puis publié au Journal officiel le dimanche 30 août. Son objectif est de déterminer la contre-valeur annuelle en devises des droits de timbre pour les passeports délivrés par les représentations diplomatiques et consulaires algériennes à l’étranger.
Taux de conversion : ce que précise l’arrêté interministériel
Selon ce texte réglementaire, la contre-valeur en devises des droits de timbre du passeport algérien s’établit en fonction des taux de conversion annuels transmis par la Banque d’Algérie. Ces taux doivent être communiqués au plus tard le 7 janvier de chaque année.
Les taux sont ensuite notifiés au ministre des Affaires étrangères par une décision du ministre des Finances. Les services diplomatiques et consulaires ont alors l’obligation de les appliquer lors de la perception des droits de timbre au moment de la délivrance des passeports.
Un mécanisme actualisé chaque année
Concrètement, la Banque d’Algérie transmet les nouveaux taux de conversion au ministère des Affaires étrangères au début de chaque année, avant le 7 janvier. Les consulats algériens à l’étranger calculent ensuite le montant des droits de timbre en s’appuyant sur ces références actualisées.
Ce dispositif garantit que les tarifs appliqués à la diaspora reflètent la valeur réelle du dinar. Il évite ainsi le maintien de montants figés sur un taux obsolète, comme c’était le cas les années précédentes.
Passeport algérien : les nouveaux montants des droits de timbre
Depuis le début de l’année 2026, les Algériens de l’étranger déboursent désormais 40 euros pour un passeport de 28 pages. En Algérie, ce document correspond à des droits de timbre de 6 000 dinars.
Avant cette réforme, le montant atteignait 60 euros. Cette somme s’expliquait par un taux de change dépassé, qui fixait un euro à 100 dinars, alors que la Banque d’Algérie affiche aujourd’hui une parité autour de 150 dinars pour un euro.
Détail des tarifs selon le type de passeport
En retenant un taux de 1 euro pour 150 dinars, le timbre d’un passeport de 28 pages revient logiquement à 40 euros. Pour un passeport de 48 pages, dont les droits s’élèvent à 9 000 dinars, le coût passe à 60 euros pour les membres de la diaspora.
Concernant la procédure accélérée, un passeport de 28 pages devrait coûter 166,66 euros à l’étranger. Pour un document de 48 pages délivré selon cette même procédure rapide, le tarif atteint 300 euros pour les Algériens résidant hors du pays.
Cette révision des droits de timbre marque une avancée concrète pour la communauté algérienne installée à l’étranger. En liant les tarifs au cours réel du dinar, l’État met fin à une disparité qui pesait depuis longtemps sur la diaspora.

