L’OPEP+ a donné son approbation de principe pour accroître sa production de pétrole de 206 000 barils par jour à partir de mai, comme l’ont rapporté plusieurs sources proches des négociations le 5 avril 2026. Cette décision intervient alors que l’offre mondiale est sous tension en raison des perturbations causées par le conflit en cours impliquant l’Iran. Toutefois, cette augmentation ne sera pas immédiatement visible sur le marché.
Perturbations dans le détroit d’Ormuz
Depuis fin février, le détroit d’Ormuz connaît des tensions sécuritaires, entraînant une forte réduction du passage des cargaisons pétrolières. Ce détroit est un point de transit crucial pour une grande partie des exportations des pays du Golfe. Sa fermeture a provoqué une chute rapide des exportations et une diminution de l’offre mondiale disponible. Avant le début du conflit, certains membres de l’OPEP+ comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït et l’Irak possédaient encore des capacités de production mobilisables. Cependant, dans le contexte actuel, ces pays ne peuvent plus augmenter leur production comme initialement prévu. De plus, d’autres producteurs tels que la Russie sont affectés par des sanctions occidentales et des dommages à leurs infrastructures en raison de la guerre en Ukraine. Dans le Golfe, plusieurs installations pétrolières ont été endommagées, et les réparations prendront du temps, même si la situation dans le détroit évolue rapidement.
L’Iran a affirmé que l’Irak n’est pas soumis à des restrictions pour le transit maritime dans la zone. Le 5 avril, des données de suivi ont montré qu’un pétrolier transportant du brut irakien avait traversé le détroit. Cependant, une source proche a indiqué qu’il n’est pas certain que d’autres navires puissent effectuer le même trajet dans ces conditions.
Réunions et ajustement des quotas de production avec l’OPEP+
Les discussions entre les membres de l’OPEP+ ont commencé le 5 avril à 13h00 GMT avec une réunion du Comité ministériel conjoint de suivi. Ce comité est chargé de superviser les engagements sans définir directement les niveaux de production. Par la suite, huit pays membres se sont réunis pour évaluer les quotas applicables pour le mois de mai. D’après les informations de Reuters, ces pays se sont mis d’accord sur une augmentation de 206 000 barils par jour, le même volume que celui décidé pour avril lors de la réunion du 1er mars 2026, période durant laquelle les perturbations liées au conflit commençaient à affecter les flux pétroliers. Un mois plus tard, l’ampleur de la baisse de l’offre est devenue évidente, avec des pertes estimées entre 12 et 15 millions de barils par jour, représentant environ 15 % de la production mondiale. Pendant ce temps, le prix du pétrole a augmenté, atteignant environ 120 dollars le baril, un niveau qui pourrait dépasser 150 dollars si les problèmes dans le détroit d’Ormuz persistent jusqu’à la mi-mai.
Selon plusieurs sources au sein de l’OPEP+, l’augmentation décidée ne devrait pas immédiatement se traduire par des volumes disponibles sur le marché. Elle représente plutôt une intention de reprendre progressivement la production lorsque les conditions permettront un retour à la normale des flux maritimes. Le cabinet Energy Aspects parle d’une hausse « purement théorique » tant que la situation ne change pas. L’OPEP+ comprend 22 pays producteurs, incluant l’Iran, dont huit participent régulièrement aux ajustements mensuels des quotas. Entre avril et décembre 2025, ces pays avaient déjà augmenté leur production d’environ 2,9 millions de barils par jour. Ce processus a été interrompu entre janvier et mars 2026, avant les discussions actuelles sur une reprise progressive des hausses.