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Mounder Bouden et son « 3.000 dinars » qui enflamment la Tunisie

by Abdel
22 juin 2026
in Actualité
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Double taux de change : un danger réel pour le dinar algérien

La déclaration de Mounder Bouden affirmant que « 3 000 dinars valent mieux que 50 euros » a déclenché une vague de réactions en Algérie. Le secrétaire général du RND voulait dissuader les jeunes de tenter l’émigration clandestine, mais sa comparaison a surtout alimenté les moqueries en ligne.

Comme à chaque période électorale en Algérie, les campagnes politiques produisent leur lot de petites phrases et de formules malheureuses. Ces déclarations trouvent souvent un écho immédiat sur les réseaux sociaux, parfois bien plus que dans le débat d’idées lui-même.

3 000 dinars valent-ils vraiment mieux que 50 euros ?

Le patron du Rassemblement national démocratique s’est retrouvé sous le feu des critiques après cette sortie destinée à convaincre la jeunesse de renoncer à la traversée clandestine vers l’Europe. Sa formule a rapidement enflammé la toile.

Selon ses propres mots, le candidat à l’exil « ne sait pas que 3 000 dinars valent mieux que 50 euros ». Il ajoute que ce dernier convertit cette somme au cours du marché parallèle, soit l’équivalent de 12 000 à 15 000 dinars, sans pour autant condamner ce taux officieux.

Le responsable politique a poussé son raisonnement en comparant le coût de la vie entre les deux rives de la Méditerranée. Pour lui, le pouvoir d’achat resterait nettement plus favorable du côté algérien.

Une comparaison fondée sur les prix de quelques produits

« Qu’est-ce qu’il va gagner là-bas avec 13 500 dinars ? Un petit pain coûte deux euros, une bouteille de Saïda coûte deux euros », a-t-il lancé. Il oppose ces tarifs à ceux pratiqués en Algérie : 30 dinars la bouteille, 10 dinars le pain, 30 dinars le café.

Le chef du RND a aussi voulu insister sur les épreuves attendant les migrants une fois arrivés en territoire européen. Son objectif affiché restait de freiner les départs en illustrant la précarité de l’exil.

« Quand tu investis dans ton pays, c’est ton pays. Quand tu pars harrag, ils vont t’exploiter et te presser comme un citron », a-t-il insisté. Il évoque une vie possible, mais marquée par un quotidien que ni les proches ni les amis ne sauraient apprécier.

Une sortie largement tournée en dérision

Loin de produire l’effet escompté, ces propos ont provoqué une véritable levée de boucliers numérique. Le dirigeant du RND a néanmoins relancé le débat sur l’ampleur de l’émigration clandestine, un phénomène majeur dans le pays.

De nombreux internautes lui ont reproché de ne raisonner qu’à partir du prix de quelques produits de consommation. Selon eux, cette approche oublie totalement la question centrale des revenus.

Plusieurs commentateurs rappellent que 50 euros pèsent peu face à un salaire moyen européen. À l’inverse, 3 000 dinars représentent une part bien plus lourde du revenu d’un travailleur algérien.

Une économie comparée jugée trompeuse

D’autres voix dénoncent un raisonnement biaisé, mettant en parallèle deux systèmes économiques aux niveaux de productivité et de pouvoir d’achat radicalement différents. La comparaison serait, selon eux, faussée dès le départ.

La séquence est rapidement devenue virale, notamment après la réaction de l’influenceur Anes Tina. Pour cette figure très suivie, les déclarations du responsable politique relèvent purement et simplement du « mensonge ».

« Il fait comme s’il n’était pas au courant du cours de change des devises au « Square Garden » made in Algeria », ironise un internaute, en référence au Square Port-Saïd d’Alger, plaque tournante du marché parallèle. Un autre s’interroge : « Je me demande si ces gens-là vivent parmi nous ».

Un précédent dans les déclarations des responsables algériens

Un commentaire plus tranchant remet en cause la pertinence même de l’exercice. « Il faut plutôt comparer ce qu’un député, avec ses 40 millions de centimes, peut acheter et ce qu’un ouvrier payé 2 millions peut acheter », écrit un internaute, dénonçant des élus parmi les premiers clients du Square Port-Saïd.

Un dernier observateur résume l’ironie générale en assurant que le dirigeant « ne connaît même pas le prix d’une baguette ». Cette sortie n’est toutefois pas un cas isolé dans la sphère politique algérienne.

Avant Mounder Bouden, le président du parti El Bina, Abdelkader Bengrina, avait tenu un discours similaire. Il affirmait alors que « celui qui touche trois ou quatre millions en Algérie est mieux que celui qui touche 5 000 francs suisses ».

Au-delà de la polémique, cet épisode illustre le décalage perçu entre certains responsables et les réalités économiques du quotidien algérien. Il rappelle aussi que la question de l’émigration clandestine reste un sujet sensible, difficile à traiter par des comparaisons simplifiées.

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