Le Vatican a officialisé mercredi une tournée africaine du pape Léon XIV prévue du 13 au 23 avril, incluant une étape historique en Algérie, une première pour un souverain pontife. Ce déplacement s’inscrit dans une stratégie de dialogue interreligieux et d’apaisement dans des contextes politiques sensibles.
Une visite inédite en Algérie sous le signe du dialogue
Le chef de l’Église catholique débutera son périple à Alger et Annaba, avant de poursuivre au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale. En Algérie, pays où l’islam sunnite malékite est religion d’État mais où la liberté de culte est constitutionnellement garantie, cette visite marque un tournant diplomatique et religieux.
Le pape Léon XIV avait récemment exprimé son souhait de se rendre sur les terres de Saint Augustin, né dans l’actuelle région de Souk Ahras et ancien évêque d’Hippone, aujourd’hui Annaba. L’objectif affiché : renforcer les passerelles entre chrétiens et musulmans dans un pays de 47 millions d’habitants, au cœur d’équilibres religieux complexes.
Cette séquence intervient également dans un contexte mémoriel sensible, quelques jours après le trentième anniversaire de l’assassinat des moines de Tibhirine, revendiqué en 1996 par le Groupe islamique armé, durant la guerre civile algérienne.
Cameroun et Angola : un message attendu sur la paix
Après l’Algérie, le souverain pontife se rendra à Yaoundé, Bamenda et Douala, puis à Luanda, Muxima et Saurimo, avant de conclure à Malabo, Mongomo et Bata. Au Cameroun comme en Angola, confrontés à des tensions politiques et sociales persistantes, la visite papale pourrait porter un message fort en faveur de la réconciliation et de la stabilité.
Il s’agira du troisième déplacement international du pape Léon XIV depuis son élection en mai 2025, confirmant une diplomatie active tournée vers le Sud global. Dans des sociétés où les recompositions religieuses sont en cours, la parole pontificale sera scrutée autant par les autorités que par les fidèles. Avec cette tournée africaine, Léon XIV engage une séquence diplomatique et spirituelle majeure : entre mémoire, dialogue et paix, l’Afrique devient un axe central de son pontificat.

