Récemment, l’Algérie a effectué un nouvel achat de blé tendre sur les marchés internationaux. Cette décision intervient dans un climat de hausse des prix des céréales au niveau mondial. Selon des sources rapportées par l’agence Reuters et des négociants européens, l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), qui gère l’importation de céréales et de légumineuses en Algérie, aurait finalisé le 10 mars 2026 un achat à la suite d’un appel d’offres international lancé le dimanche précédent.
La quantité estimée à l’achat serait d’environ 200.000 tonnes, bien que ce volume n’ait pas été officiellement confirmé au moment de la publication des premières nouvelles. Les modalités de livraison, qui se limiteront à deux ports en Algérie, suggèrent habituellement des volumes d’achats réduits.
Augmentation des prix par rapport aux achats précédents
D’après des sources, le coût de cette opération serait environ de 291 dollars la tonne, incluant le droit de transport maritime jusqu’au port de destination, en l’occurrence pour la plupart pour le port de Mostaganem. Ce prix apparaît plus élevé que celui des achats récents, où l’OAIC avait remporté un contrat fin février 2026 pour environ 600.000 tonnes de blé tendre, à un tarif compris entre 259 et 260 dollars par tonne. Cette augmentation de prix est attribuée à la récente tendance à la hausse des prix du blé sur les marchés internationaux.
Livraisons prévues dans deux ports algériens
Les négociants notent que l’OAIC a sélectionné deux ports pour recevoir cette cargaison : Mostaganem et Ténès. Toutefois, certaines premières indications laissent entendre qu’aucune transaction pour livrer au port de Ténès n’a été confirmée, probablement en raison de la montée des prix offerts.
Le choix de ces ports a poussé les acteurs du marché à penser que cette opération n’impliquait qu’une quantité moindre, contrairement aux appels d’offres antérieurs, qui visaient des volumes plus substantiels et incluaient généralement plusieurs ports pour la livraison.
Plus de 1,4 million de tonnes acquises depuis janvier 2026
Avec cette acquisition, l’Algérie continue d’approvisionner son stock de blé tendre depuis le début de l’année 2026. L’OAIC avait déjà réalisé deux achats significatifs : le premier le 19 janvier 2026 pour environ 600.000 tonnes, et un second le 26 février 2026 pour une quantité similaire. Jusqu’à présent, ces transactions totalisent environ 1,4 million de tonnes de blé tendre acquises en un peu moins de trois mois, avec des livraisons planifiées sur plusieurs périodes.
Les premières cargaisons sont attendues entre le 1er et le 15 avril 2026, suivies de livraisons entre le 16 et le 30 avril, puis du 1er au 15 mai et enfin du 16 au 31 mai. De surcroît, deux autres périodes de livraison sont programmées du 1er au 15 juin et du 16 au 30 juin 2026. Si les cargaisons proviennent de zones plus éloignées, telles que l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud ou l’Australie, un délai d’expédition additionnel d’environ un mois pourrait être appliqué.
En matière de blé, l’Algérie devrait avoir une politique d’offre mais aussi de demande.
POLITIQUE DE L’OFFRE. La multiplication de ces achats permet de constituer des stocks stratégiques. Cependant, ils montrent également les insuffisances de la production locale. Pourtant il existe énormément de réserves de productivité notamment au nord du pays.
Le coût de la culture des céréales avec labour est trop élevé. Suggestion : L’alternative consiste en l’agriculture de conservation avec semis direct.
Nombreux sont les agriculteurs qui ne sèment pas et laissent leur terre pour le pâturage des moutons, car cela est plus rémunérateur.
Les minoteries dz sont orientées vers le blé arrivant dans les ports. Elles ne sont pas mobilisées pour l’appui technique aux céréaliers dz comme le font les laiteries avec les éleveurs. Suggestion : répliquer le modèle LAIT pour les CEREALES. Les CCLS pourraient attribuer des quotas de collecte de céréales à des minoteries en sus de leur quota habituel. Mais à la condition d’appui technique, matériel, voire financier (avance sur recette) aux céréaliers sous contrats.
POLITIQUE DE LA DEMANDE. Le taux d’extraction de la farine est en moyenne de 73% en Algérie. Or, il existe plusieurs taux d’extraction possibles et donc différents types de farine. La T65 est obtenue à partir des grains de blé dont on a retiré l’enveloppe. Ce qui constitue le son. Il y a la T80, semi-complète ou la T110, farine complète qui comprend le germe ainsi qu’une importante partie de l’enveloppe. Plus on augmente le taux d’extraction, moins on importe. Par ailleurs les farines semi-complètes ou complètes sont meilleures contre le diabète et l’hypercholestérolémie.
Djamel BELAID Ingénieur agronome Auteur de « L’agriculture en Algérie. Ou comment nourrir 45 millions d’habitants ». 256 pages Ed Harmatan. Paris 2021.