L’Inde se tourne vers l’Algérie pour sécuriser ses approvisionnements en GPL, dans un contexte de tensions énergétiques croissantes au Moyen-Orient. La perturbation des flux au niveau du détroit d’Ormuz a poussé New Delhi à repenser sa stratégie d’importation de gaz de pétrole liquéfié. Ce repositionnement ouvre de nouvelles perspectives commerciales pour le groupe Sonatrach.
Un nouvel accord entre Indian Oil Corp et Sonatrach pour le GPL algérien
Indian Oil Corp (IOC), premier raffineur du pays, a conclu un accord avec Sonatrach afin d’importer du gaz de pétrole liquéfié algérien à partir de 2027. Cette information a été relayée le jeudi 20 août par l’agence Reuters, s’appuyant sur trois sources commerciales proches du dossier.
Aux termes de cet arrangement, une cargaison mensuelle sera acheminée par un très grand navire gazier, communément désigné VLGC. Chaque livraison représentera un volume oscillant entre 45 000 et 55 000 tonnes métriques, composé de propane et de butane.
Un tarif plus compétitif que celui de l’offre saoudienne
Le groupe indien entretenait déjà par le passé un contrat à terme avec la compagnie algérienne, avant de réorienter ses achats vers les fournisseurs du Golfe ces dernières années. Ce retour marque donc une reprise des relations commerciales entre les deux acteurs énergétiques.
Selon une source citée par Reuters, le prix du GPL en provenance d’Algérie s’avère inférieur à celui négocié avec Saudi Aramco. Les livraisons prévues dans le cadre de ce contrat seront réalisées selon des conditions FOB, c’est-à-dire franco à bord. Ni IOC ni Sonatrach n’ont commenté ces informations.
Des importations de GPL algérien déjà en hausse vers l’Inde
Les premières cargaisons de gaz de pétrole liquéfié algérien à destination de l’Inde ont été enregistrées dès le mois de juin. Ce démarrage traduit une volonté claire de diversifier les sources d’approvisionnement.
D’après les données préliminaires de LSEG relatives aux flux commerciaux, l’Inde devrait réceptionner près de 110 000 tonnes de GPL originaire d’Algérie durant le mois d’août. Ces volumes témoignent d’une montée en puissance rapide de ce nouveau partenariat énergétique.
Une diversification qui inclut aussi le marché américain
En parallèle de son rapprochement avec Alger, New Delhi entend renforcer ses achats auprès des États-Unis. Le pays prévoit de couvrir jusqu’à un quart de ses besoins en GPL grâce au marché américain à l’horizon 2027.
Les trois grands distributeurs publics du pays, à savoir Indian Oil Corp, Hindustan Petroleum Corp et Bharat Petroleum Corp, s’apprêteraient à lancer un appel d’offres commun. Cette démarche coordonnée vise à sécuriser des cargaisons de gaz de pétrole liquéfié en provenance des États-Unis.
Réduire la dépendance envers le Moyen-Orient
Cette réorientation s’inscrit dans une stratégie globale destinée à pallier le recul des livraisons issues des pays du Golfe. L’Inde a d’ores et déjà accru ses importations de GPL américain pour compenser ce déficit.
En parallèle, les autorités indiennes incitent une partie des consommateurs à opter pour le gaz naturel acheminé par réseau. Cette transition progressive vise à alléger la pression sur les approvisionnements en gaz de pétrole liquéfié importé.
Une opportunité stratégique pour l’Algérie et Sonatrach
Le retour de l’Inde parmi les clients du GPL algérien constitue un débouché supplémentaire non négligeable pour Sonatrach. Le géant public algérien consolide ainsi sa présence sur un marché asiatique en forte demande.
Pour New Delhi, ce partenariat répond à un double objectif : diversifier son portefeuille de fournisseurs et garantir des approvisionnements stables. Ce gaz est notamment destiné aux usages domestiques, à commencer par la cuisson des ménages indiens.
Le rapprochement énergétique entre l’Inde et l’Algérie autour du GPL illustre les recompositions actuelles des marchés du gaz. Il conforte la position de Sonatrach comme acteur incontournable de l’export d’hydrocarbures. Reste à observer comment ce partenariat évoluera face à la concurrence des fournisseurs américains et moyen-orientaux.