Les incendies en Algérie, qui ont ravagé plusieurs wilayas de l’Est du pays ces derniers jours, ont suscité une réaction de la France. Le président Emmanuel Macron a affirmé la solidarité de Paris envers Alger et proposé une aide face à ces feux de forêt meurtriers. Une prise de parole intervenue à l’occasion du Conseil des ministres tenu lundi à l’Élysée.
Incendies en Algérie : la France propose son aide
C’est la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, qui a rapporté les propos du chef de l’État. Selon elle, Emmanuel Macron a tenu à réaffirmer le soutien de la France à l’Algérie dans la lutte contre ces sinistres.
« Le président de la République a tenu, lors de ce Conseil des ministres, à rappeler que la France apportait son soutien à l’Algérie face aux feux et que donc nous réitérons notre disponibilité à leur venir en aide », a déclaré la porte-parole devant les journalistes réunis à l’Élysée.
Cette déclaration marque un nouveau geste de rapprochement entre les deux capitales, alors que les relations franco-algériennes ont connu plusieurs turbulences ces derniers mois. La proposition d’assistance reste toutefois suspendue à l’acceptation des autorités algériennes.
Des feux de forêt d’une violence rare dans l’Est algérien
Mercredi dernier, des incendies d’une intensité exceptionnelle ont frappé plusieurs régions de l’Est de l’Algérie. La wilaya de Jijel a été particulièrement touchée, avec un bilan humain lourd comptant de nombreux morts et plusieurs blessés.
En l’espace de quelques heures seulement, les flammes ont dévoré un immense périmètre s’étirant sur plus de 100 kilomètres. Le brasier a progressé de Ziama el Mansouria jusqu’à El Milia, réduisant en cendres tout ce qui se trouvait sur son chemin.
Un drame parmi les plus dévastateurs depuis 2021
Face à l’ampleur de la catastrophe, les autorités algériennes ont réagi rapidement. Dès jeudi, un deuil national de trois jours a été décrété, accompagné de la mise en berne du drapeau national sur l’ensemble du territoire.
Ces incendies constituent les plus graves qu’ait connus le pays depuis ceux de l’été 2021, qui avaient eux aussi endeuillé la Kabylie et provoqué une vague d’émotion nationale. La violence des feux et la rapidité de leur propagation ont soulevé de nombreuses interrogations.
Tebboune évoque la piste criminelle
Samedi, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a publiquement soulevé l’hypothèse d’actes intentionnels à l’origine des sinistres. Selon lui, plusieurs éléments plaident en faveur d’une origine criminelle de ces incendies.
« Il est anormal que des incendies se déclarent au même moment, comme ceux qui se sont déclenchés à une heure du matin pour se propager rapidement en l’absence de vent », a estimé le chef de l’État algérien. Des propos qui traduisent la conviction des autorités face à ce qu’elles considèrent comme des départs de feu coordonnés.
Vers le rétablissement de la peine de mort contre les pyromanes
Dimanche, le président Tebboune a franchi une étape supplémentaire dans sa réponse à la crise. Il a chargé le ministre de la Justice, Lotfi Boudjemaa, d’engager une révision du Code pénal afin de réintroduire l’application effective de la peine capitale contre les incendiaires.
« Il y aura exécution », a affirmé le chef de l’État, sans ambiguïté. Cette annonce marque un tournant, puisque aucune condamnation à mort n’a été mise à exécution en Algérie depuis 1993, le pays observant depuis lors un moratoire de fait sur la peine capitale.
Une mesure aux implications juridiques importantes
La réactivation de la peine de mort suscite des débats, tant sur le plan juridique qu’au niveau international. Bien que ces sentences continuent d’être prononcées par les tribunaux algériens, elles n’étaient plus suivies d’exécution depuis plus de trente ans.
La révision du Code pénal annoncée par le président algérien vise spécifiquement les auteurs d’incendies volontaires. Elle témoigne de la volonté des autorités d’adopter une réponse ferme face à des actes jugés particulièrement destructeurs pour les populations et l’environnement.
Un contexte de solidarité internationale
La proposition d’aide formulée par la France s’inscrit dans un mouvement plus large de soutien à l’Algérie confrontée à cette tragédie. Les feux de forêt qui touchent régulièrement le bassin méditerranéen appellent souvent à une coopération entre États pour mobiliser des moyens aériens et humains.
Alger n’a pas encore indiqué publiquement si elle accepterait l’assistance proposée par Paris. La lutte contre les incendies mobilise d’importants moyens sur le terrain, et la solidarité extérieure peut renforcer les capacités d’intervention face à de tels sinistres.
Les incendies en Algérie continuent de préoccuper les autorités comme les populations locales, encore sous le choc du bilan humain. Entre gestes de solidarité internationale et fermeté judiciaire annoncée, la réponse à cette catastrophe se dessine sur plusieurs fronts. Les prochains jours diront si Alger choisit d’accepter le concours proposé par la France.

