Lors des élections municipales françaises qui se sont déroulées les 15 et 22 mars 2026, les candidats algériens ont réussi à se démarquer malgré une atmosphère peu accueillante. Un des résultats les plus marquants a été l’élection de Kadir Mebarek au poste de maire de Melun, une ville située en Île-de-France. Depuis plusieurs années, l’extrême droite française fait de la question algérienne un sujet central de sa rhétorique. Ce courant politique a cherché à semer le doute quant à la fidélité des citoyens français d’origine algérienne, surtout après le début d’une crise politique entre la France et l’Algérie en juillet 2024.
La méfiance s’étend à d’autres groupes
Cette méfiance ne se limite pas seulement aux Algériens, mais s’étend également à d’autres populations d’origines africaines, maghrébines ou musulmanes, particulièrement celles qui aspirent à un poste électif. Les derniers résultats des élections municipales montrent que les discours extrémistes n’ont pas trouvé écho dans les grandes villes et centres urbains. Une partie des électeurs continue à voter en se basant sur les programmes et les qualités des candidats, indépendamment de leurs origines ethniques ou religieuses.
Kadir Mebarek : un symbole d’espoir
Kadir Mebarek, le maire élu à Melun, a réalisé un exploit inédit depuis plus de quarante ans. Il est le premier à avoir été élu au premier tour depuis 1983. Melun est aussi le lieu ayant accueilli des pourparlers historiques entre le Front de libération nationale (FLN) et le gouvernement français en 1960. Lors de son discours d’investiture le 21 mars, Mebarek a souligné fièrement ses origines algériennes : “Je suis le premier Maire de Melun dont l’origine historique et familiale plonge au-delà de la Méditerranée, précisément d’Algérie.” Ce fait, selon Karim Idir, manager franco-algérien, n’est pas simple détail personnel mais revêt une signification politique et historique.
Autres réussites des candidats franco-algériens
Au-delà de Melun, plusieurs autres candidats d’origine algérienne ont également réussi à se faire élire. À Meyzieu, Issam Benzeghiba, représentant de la gauche, a été élu maire au second tour, battant le maire sortant de droite. Son élection a été saluée sur les réseaux sociaux par Tawfik Khedim, député algérien vivant à Meyzieu. À Lyon, le maire sortant de gauche a conservé son poste en surprenant son principal adversaire, Jean-Michel Aulas, qui était considéré comme le grand favori. Par ailleurs, les candidats franco-algériens ont également fait bonne figure à Paris et Marseille. À Paris, Sophia Chikirou, candidate de La France Insoumise, a obtenu un score de 8% des voix, se plaçant en troisième position.
À Lille, Lahouaria Addouche, candidate de LFI, a terminé deuxième avec un tiers des voix derrière le maire socialiste sortant. Dans la commune de Vaulx-en-Velin, Abdelkader Lahmar, également d’origine algérienne, a été élu maire, et a mentionné que sa victoire est un message encourageant pour les villes populaires. Enfin, à Vénissieux, Idir Boumertit, député d’origine algérienne, a également été élu maire, affirmant la nécessité de se mettre rapidement au service des citoyens. Ces élections municipales illustrent une dynamique où les politiciens d’origine algérienne réussissent à se frayer un chemin malgré un climat de défiance, et mettent en lumière des histoires de résilience et de progrès dans la société française.