Les relations France-Algérie officiellement relancées selon Laurent Nunez
BFMTV une intervention sur BFMTV, le nouveau titulaire du ministère de l’Intérieur a utilisé des termes sans précédent depuis le début de la crise. « Les liens sont bons, ils sont repartis. Deux grandes nations dialoguent sur les questions de sécurité. Le redémarrage est effectif », a déclaré Laurent Nunez. Cette prise de parole constitue la première fois qu’un responsable français de ce niveau qualifie aussi positivement l’état des relations bilatérales depuis juillet 2024.
Le ministre a souligné que la dynamique était complètement bloquée avant les récentes initiatives diplomatiques. Selon ses propos, de nombreux dossiers restaient au point mort jusqu’à ce que des démarches concrètes permettent de renouer le contact entre les deux capitales.
Des avancées concrètes sur les questions migratoires
Laurent Nunez a fourni des données tangibles pour illustrer le dégel des relations France-Algérie. Depuis sa propre visite à Alger à la mi-février, les autorités algériennes ont délivré 150 laissez-passer consulaires. Ce chiffre contraste fortement avec la période précédente, durant laquelle aucun document de ce type n’avait été accordé entre le 1er janvier et la date de son déplacement.
Le ministre a reconnu que le rythme devait encore s’accélérer et que l’ampleur des actions devait s’intensifier. Néanmoins, il s’est dit satisfait de cette progression et optimiste quant à la montée en puissance de cette coopération dans les semaines à venir.
Une coopération sécuritaire étendue au-delà des questions migratoires
La collaboration entre Paris et Alger ne se limite pas aux reconduites et aux enjeux migratoires, a précisé Laurent Nunez. Le responsable français a confirmé que les deux pays avaient rétabli des échanges dans des domaines stratégiques tels que le renseignement et la lutte contre le terrorisme.
Ces flux d’informations fonctionnent désormais de manière bidirectionnelle, selon le ministre. Cette dimension sécuritaire représente un pilier essentiel de la relation bilatérale, particulièrement dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires communs au Sahel et en Méditerranée.
La visite du ministre algérien à Paris reportée
Concernant la venue prévue du ministre algérien de l’Intérieur, Saïd Sayoud, à Paris, Laurent Nunez a indiqué qu’elle ne se tiendrait pas cette semaine en raison de contraintes d’agenda. Le report n’est toutefois que temporaire, la visite étant en cours de planification pour la semaine suivante.
Le ministre français a précisé les modalités de cette rencontre qui devrait réunir l’ensemble des directeurs de sécurité des deux ministères de l’Intérieur. Cette dimension institutionnelle témoigne de la volonté d’ancrer durablement la coopération entre les appareils sécuritaires des deux nations.
Un traité d’amitié France-Algérie en perspective
Interrogé sur la proposition formulée par Gérald Darmanin d’établir un traité d’amitié entre les deux pays, Laurent Nunez a exprimé son adhésion totale. « Si Gérald Darmanin l’a évoqué, j’y souscris », a-t-il affirmé sans ambiguïté.
Le ministre a rappelé que les rapports avec l’Algérie avaient toujours comporté des moments de complexité, mais qu’ils demeuraient indispensables et fondamentaux. Il a souligné que plusieurs millions de personnes en France entretiennent un lien, proche ou lointain, avec l’Algérie, rendant impératif le maintien de bonnes relations entre les deux rives de la Méditerranée.
Laurent Nunez a conclu en rappelant que tout au long de sa carrière, il s’était attaché à œuvrer pour la qualité des liens franco-algériens. Cette déclaration illustre l’importance stratégique que revêt ce partenariat bilatéral pour Paris, tant sur le plan humain que sécuritaire et économique. Le dégel diplomatique amorcé ces dernières semaines ouvre ainsi la voie à une normalisation progressive des relations après une période de tensions sans précédent.
