De nombreux étudiants internationaux, notamment algériens, choisissent chaque année de continuer leurs études en France. Toutefois, ces dernières années, les frais d’inscription pour certaines catégories d’étudiants ont considérablement augmenté, impactant directement le budget des étudiants non européens.
Augmentation des frais pour les étudiants non européens
Les universités françaises ont la possibilité d’appliquer des frais d’inscription différenciés aux apprenants étrangers en dehors de l’Union européenne. Cette initiative est dans le cadre du programme « Bienvenue en France », lancé en 2019. Selon Christine Neau-Leduc, présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ces tarifs sont établis par un décret gouvernemental, les universités ne pouvant décider des montants appliqués.
Pour les nouvelles inscriptions, le coût s’élève à 2 895 euros pour une licence, contrairement aux 178 euros précédemment demandés. Les masters voient leurs frais passer à 3 941 euros, par rapport aux 254 euros appliqués aux étudiants de l’Union européenne. Christine Neau-Leduc explique que ces augmentations sont nécessaires pour des raisons budgétaires : « Cela contribuera au financement de notre université l’année prochaine. »
L’impact de la hausse pour les étudiants nord-africains
Ce sont surtout les apprenants provenant d’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne qui subissent les conséquences de cette augmentation tarifaire. À l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, les étudiants européens et ceux de certains pays moins développés selon l’ONU ne sont exemptés de ces frais. En revanche, pour les étudiants algériens, marocains et égyptiens, ces nouvelles conditions sont de rigueur. Rhania, en deuxième année de licence à Paris 1, évoque les difficultés qu’elle rencontre : « Si je souhaite continuer mon master ici, je devrai payer 4 000 € par an. C’est un choix remis en question, car je peine déjà à subvenir à mes besoins. »
Une opposition face à la décision de Paris 1 Panthéon-Sorbonne
La décision de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de revoir les frais à la hausse ne fait pas l’unanimité. Rhania s’est jointe à un mouvement de grève initié par les syndicats d’étudiants et d’enseignants. Victor, enseignant à la Sorbonne, déclare : « Nous avons opté pour une rétention des notes afin d’entraver le fonctionnement universitaire. » Cette mobilisation se déroule dans un contexte budgétaire délicat ; l’établissement doit faire face à un plan d’économies de 13 millions d’euros.
À l’opposé, quelques universités comme Rennes 2 ont refusé d’adhérer à cette politique de frais différenciés pour les étudiants étrangers. Vincent Gouëset, président de l’université, réaffirme cette position : « Ce ne doit pas être aux apprenants internationaux, en particulier les plus défavorisés, de supporter notre déficit. » Des changements sont également attendus dès la rentrée 2026, avec la suppression de l’aide personnelle au logement (APL) pour les apprenants non européens non boursiers. Les étudiants algériens en France devront donc en plus du coût des études faire face à cette suppression de l’APL.