Pour les étudiants algériens en France, la note s’annonce particulièrement salée à la rentrée prochaine. Entre la flambée des frais d’inscription, la fin des aides au logement et le relèvement des ressources exigées, poursuivre un cursus universitaire de l’autre côté de la Méditerranée devient un investissement de plus en plus lourd.
Titre de séjour : un seuil de ressources nettement relevé
Pour obtenir un titre de séjour étudiant, tout ressortissant algérien doit démontrer qu’il dispose de moyens financiers suffisants pour vivre dignement durant ses études en France.
Ce montant minimal, jusqu’ici fixé à 615 € mensuels, va connaître une hausse significative. Il atteindra désormais 877 € pour toute demande de visa ou de titre de séjour étudiant déposée après le 1er août 2026.
Les futurs étudiants devront donc anticiper des rentrées d’argent supplémentaires afin de répondre à cette nouvelle exigence administrative.
Selon le portail Service-Public, « pour toute demande déposée à compter du 1er août 2026, le niveau minimum de ressources pour un étranger qui souhaite être admis en France pour un motif d’études évolue. Le montant mensuel minimum requis correspondra à 47 % du SMIC mensuel brut, soit 877,5 € ».
APL supprimées pour les étudiants non européens et non boursiers
Concrètement, cette mesure représente un effort supplémentaire de 262,50 € chaque mois pour les étudiants algériens. À cela s’ajoute désormais le coût intégral du logement, puisque les aides ont été abrogées pour les étudiants hors Union européenne.
Un décret publié au Journal officiel le 28 juin dernier acte en effet la suppression des aides personnalisées au logement pour les étudiants non européens et non boursiers, applicable dès le 1er juillet.
Privés de tout soutien au logement pour la prochaine rentrée, ces jeunes devront assumer seuls des charges plus élevées. Or, les étudiants venus des pays africains, et notamment d’Algérie, comptent souvent parmi les profils les plus fragiles sur le plan financier.
Le texte prévoit toutefois une exception : les étudiants en apprentissage ou qui exercent une activité professionnelle en parallèle, dès une heure de travail hebdomadaire, restent éligibles aux aides.
Des frais de scolarité multipliés par seize
Au-delà du séjour et du logement, les étudiants étrangers doivent également faire face à une explosion des droits d’inscription universitaires, désormais multipliés par seize.
Pour intégrer une licence à partir de l’année prochaine, les étudiants non européens devront débourser 2 895 € par an, contre 178 € jusqu’à présent. En master, la facture grimpe à 3 941 €, alors qu’elle s’élevait à 254 € auparavant.
La fin des exonérations dans les universités françaises
Cette envolée découle de l’application désormais obligatoire des frais différenciés pour les étudiants hors Union européenne. Jusqu’ici, plusieurs établissements faisaient le choix d’en dispenser leurs inscrits internationaux.
Fin avril, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé la suppression de cette possibilité d’exonération, généralisant ainsi le tarif majoré à l’ensemble des universités.
Au total, ces trois mesures combinées alourdissent considérablement le budget des étudiants algériens souhaitant étudier en France. Entre la hausse des ressources exigées, la disparition des APL et l’envolée des frais de scolarité, l’accès aux universités françaises devient un parcours de plus en plus coûteux pour les familles maghrébines.