L’affaire DZ Mafia connaît un nouveau tournant avec l’arrestation de deux figures majeures de ce réseau criminel en Algérie. Recherchés par la justice française, ces individus liés à l’organisation basée à Marseille ont été placés sous mandat de dépôt. Une avancée saluée par Gérald Darmanin, qui a de nouveau exprimé sa gratitude envers Alger.
DZ Mafia : deux narcotrafiquants majeurs placés en détention en Algérie
Au cours des derniers jours, les autorités algériennes ont interpellé deux membres de premier plan de la DZ Mafia. Ces suspects, poursuivis en France pour leur rôle présumé dans ce réseau mafieux, attendent désormais leur procès derrière les barreaux.
Le ministre français de la Justice a détaillé l’évolution de leur situation sur son compte X, ce lundi 10 août. Selon lui, ces deux trafiquants figuraient parmi les cibles prioritaires du système judiciaire hexagonal.
« Les deux importants narcotrafiquants, objectifs prioritaires de la justice française, ont été placés en détention provisoire en Algérie à la demande du parquet d’Alger. Ils ne sont donc plus sous simple contrôle judiciaire », a précisé Gérald Darmanin.
Gérald Darmanin salue la coopération judiciaire avec Alger
Fidèle à ses récentes prises de parole, le garde des Sceaux a tenu à remercier publiquement les institutions algériennes. Il a mis en avant la qualité des échanges menés entre les deux pays dans le cadre de cette affaire.
« Merci aux autorités judiciaires algériennes pour nos échanges et pour notre collaboration au bénéfice de notre lutte commune contre le narcotrafic », a-t-il déclaré. Ce message illustre le climat de rapprochement observé récemment entre Paris et Alger sur le terrain sécuritaire.
Une série d’arrestations depuis début août
Le mouvement d’interpellations a débuté le 5 août dernier. Ce jour-là, le ministre a révélé une première arrestation en Algérie visant un acteur clé de la DZ Mafia.
Il s’agissait de Mehdi Laribi, présenté comme un membre fondateur et un dirigeant du réseau. Ce dernier était qualifié de « cible prioritaire de la justice française dans la lutte contre la drogue et la criminalité organisée », selon les propos du responsable français.
À cette occasion, Darmanin avait déjà remercié les autorités algériennes pour cette « avancée » et cette coopération, menée en lien avec le parquet national anti-criminalité organisée (PNACO) et celui de Marseille.
Une seconde interpellation confirmée le lendemain
Le 6 août, une nouvelle arrestation était annoncée. D’après les informations relayées par plusieurs médias, il s’agissait de Jamel Djeha, un autre cadre du réseau criminel marseillais.
« Nouvelle preuve de notre efficacité dans la lutte contre la criminalité organisée : un nouveau cadre du narcotrafic et cible prioritaire de la justice française a été interpellé en Algérie par les autorités algériennes. Merci à elles pour cette coopération relancée au service de la sécurité de nos deux pays », a écrit le ministre. Ce dernier s’était rendu en Algérie le 18 mai dernier.
Une coopération sécuritaire relancée entre Alger et Paris
Ces différentes arrestations traduisent la reprise concrète de la collaboration judiciaire et sécuritaire entre l’Algérie et la France. Cette dynamique intervient après une période prolongée de rupture, marquée notamment par un blocage total en 2025.
Les tensions diplomatiques avaient alors gelé les échanges entre les deux capitales. La coopération dans des dossiers sensibles, comme celui du narcotrafic, s’en était trouvée fortement compromise.
Les origines d’une crise diplomatique profonde
Le différend entre les deux pays remonte à juillet 2024. Il a été déclenché par le choix d’Emmanuel Macron de soutenir la position marocaine sur la question du Sahara occidental occupé.
La situation s’est ensuite détériorée avec l’installation de Bruno Retailleau au ministère de l’Intérieur, la même année. Les relations bilatérales ont alors atteint un point de rupture rarement observé entre les deux États.
Un dégel encore fragile malgré les avancées sur la DZ Mafia
Il a fallu attendre près d’un an pour percevoir les premiers signes d’apaisement. La nomination de Laurent Nunez à Place Beauvau a marqué le début d’un timide réchauffement entre les deux rives de la Méditerranée.
Toutefois, les frictions n’ont pas totalement disparu. Alger continue notamment d’attendre des réponses concrètes de la part de Paris sur le dossier des biens mal acquis, qui demeure un point de crispation.
Les interpellations liées à la DZ Mafia témoignent d’une volonté partagée de coopérer contre la criminalité organisée. Reste à savoir si cette dynamique permettra de résorber durablement les désaccords qui subsistent entre les deux nations.