La coopération judiciaire entre la France et l’Algérie contre la DZ Mafia franchit une nouvelle étape, selon Gérald Darmanin. Le garde des Sceaux s’est félicité, lors d’un déplacement à Alès, dans le Gard, jeudi 13 août 2026, de l’arrestation par les autorités algériennes de deux cadres présumés de cette organisation criminelle. Il y voit la preuve d’un rapprochement judiciaire désormais capable de générer des résultats tangibles.
Interrogé sur la lutte contre le narcotrafic sur le sol français, le ministre a abordé l’état des relations entre Paris et Alger. À ses yeux, l’interpellation de ces deux figures présumées du réseau démontre l’efficacité d’une collaboration entre les deux pays, malgré un contexte diplomatique tendu.
Deux cadres présumés de la DZ Mafia écroués en Algérie
Gérald Darmanin a exprimé sa satisfaction après ces arrestations menées par les services algériens. D’après lui, les autorités françaises avaient préalablement transmis à Alger les identités de ces individus recherchés. « Nous sommes très heureux », a déclaré le ministre, soulignant leur mise en détention provisoire.
Ce point s’est révélé central dans son intervention. Le garde des Sceaux a précisé que les suspects ne bénéficient pas d’un simple contrôle judiciaire, mais se retrouvent bel et bien incarcérés en Algérie. Une différence essentielle à ses yeux.
Selon le ministre, cette incarcération réduit considérablement la marge de manœuvre des deux hommes. Placés derrière les barreaux, ils ne peuvent ni poursuivre leurs opérations ni maintenir le contact avec d’autres membres de la criminalité organisée.
La coopération judiciaire, pilier de la stratégie française
Pour Gérald Darmanin, combattre les filières du narcotrafic exige de dépasser les frontières nationales. Plusieurs trafiquants visés par la justice française résident à l’étranger tout en gardant, selon les dossiers, une emprise sur des structures criminelles actives en France.
Le ministre a rappelé l’importance des liens tissés par Paris avec plusieurs partenaires internationaux. Parmi eux figurent l’Algérie, le Maroc et les Émirats arabes unis, trois États impliqués dans cette dynamique d’échanges sécuritaires et judiciaires.
À Alès, il a défendu l’idée qu’une diplomatie active pouvait porter ses fruits lorsqu’elle s’articule avec une entraide judiciaire concrète. Le garde des Sceaux a notamment évoqué les interpellations réalisées sur le sol marocain, ainsi que les progrès enregistrés avec les autorités émiraties.
Un réseau ancré dans plusieurs pays
La DZ Mafia s’est imposée ces dernières années comme l’une des organisations criminelles les plus surveillées par les enquêteurs français. Ses ramifications s’étendent au-delà de l’Hexagone, obligeant les autorités à multiplier les canaux de coopération transnationale.
Dans ce cadre, l’Algérie occupe une position particulière. Le pays constitue à la fois un point de passage stratégique et un territoire où certains suspects tentent de se soustraire à la justice française, d’où l’enjeu d’un travail conjoint entre les deux administrations.
Un dialogue entre Paris et Alger malgré les tensions
Les rapports franco-algériens demeurent traversés par de nombreux différends politiques et diplomatiques. Ces frictions, régulières depuis plusieurs mois, pèsent sur les relations bilatérales entre les deux capitales.
Gérald Darmanin a toutefois cherché à séparer ces désaccords du travail mené contre la criminalité organisée. Pour lui, la lutte contre le narcotrafic relève d’un terrain d’entente distinct, où l’intérêt commun l’emporte sur les crispations politiques.
Le ministre présente ces récentes arrestations comme l’illustration d’une approche pragmatique. Le partage d’informations entre les services français et algériens permettrait ainsi aux forces locales d’intervenir contre des individus signalés ou recherchés par la France.
Ces interpellations témoignent d’une volonté commune de neutraliser les réseaux criminels, y compris dans un climat diplomatique fragile. Reste à savoir si cette collaboration judiciaire s’installera durablement ou restera tributaire des soubresauts politiques entre Paris et Alger.

