Le dinar algérien fait à nouveau parler de lui sur le marché parallèle des devises. Une semaine après l’annonce présidentielle sur le nouveau mode de versement de l’allocation touristique de 750 euros, l’euro recule au lieu de progresser. Une évolution qui interroge, alors que la demande estivale aurait dû tirer les cours vers le haut.
Le dinar algérien face à un euro en léger repli
Contre toute attente, la décision d’Abdelmadjid Tebboune de modifier l’attribution de l’allocation touristique n’a pas bouleversé le square Port-Saïd. Sept jours après cette annonce, les principales devises échangées de façon informelle affichent une stabilité surprenante.
L’euro, en particulier, reste bloqué sous le seuil symbolique des 280 dinars l’unité. La monnaie unique européenne a même reculé légèrement, un signal qui va à l’encontre des tendances habituelles observées durant l’été.
Cette accalmie du marché noir des changes contraste avec les attentes des cambistes, qui anticipaient une flambée liée aux nouvelles conditions de versement de la fameuse allocation en devises.
Le dollar américain grignote quelques dinars
La devise américaine emprunte, elle, une trajectoire différente. Le billet vert s’échange désormais autour de 240 dinars, contre 239,5 DZD une semaine plus tôt. Une hausse modeste mais bien réelle.
Sur une période plus longue, la progression apparaît plus nette. Le dollar valait 237,5 dinars le 10 juin dernier, et seulement 236,5 dinars le 31 mai. Le raffermissement s’installe donc progressivement.
Malgré cette légère embellie du dollar, le mouvement d’ensemble reste contenu. Les deux grandes monnaies étrangères semblent évoluer à contre-courant des prévisions saisonnières.
Pourquoi le marché parallèle reste-t-il aussi calme ?
La période estivale constitue traditionnellement un moment de forte tension sur le marché des devises. De nombreux Algériens choisissent en effet de passer leurs vacances à l’étranger, notamment en Tunisie, ce qui gonfle mécaniquement la demande.
À cette pression s’ajoute celle des familles préparant le départ de leurs enfants vers des universités étrangères. L’achat de devises pour financer ces études est un facteur récurrent chaque été dans le pays.
Deux moteurs habituels sans effet cette année
Or, ni la modification du mode de versement de l’allocation touristique ni la hausse saisonnière de la demande n’ont réellement fait bouger les lignes. L’euro et le dollar paraissent insensibles à ces deux leviers pourtant décisifs d’ordinaire.
Cette apparente indifférence du marché informel intrigue les observateurs. Elle suggère un équilibre temporaire entre l’offre et la demande de devises sur les places de change non officielles.
L’allocation touristique et ses délais d’application
La réforme décidée par les autorités n’est pourtant pas sans conséquence directe. Le nouveau dispositif conditionne l’obtention de l’allocation à des démarches bancaires plus contraignantes pour les voyageurs.
Les bénéficiaires doivent notamment ouvrir un compte en devises, puis attendre la délivrance d’une carte de paiement internationale. Ces étapes impliquent des délais qui retardent l’accès effectif aux 750 euros prévus.
Ce décalage temporel pourrait expliquer, en partie, l’absence de choc immédiat sur le marché parallèle. Les effets réels de la mesure ne se feront peut-être sentir que dans les semaines à venir.
Une stabilité confirmée sur le marché officiel
Du côté des taux réglementés, la tendance est à la constance. Vendredi, l’euro était coté à 152,08 dinars, un niveau proche des 152,29 DZD enregistrés la veille.
Le dollar suit la même logique de stabilité. Il s’affichait à 132,94 dinars vendredi, contre 132,82 DZD jeudi, soit une variation quasi imperceptible sur le marché interbancaire.
L’écart entre les cours officiels et ceux du marché noir demeure ainsi considérable. Cette différence continue d’alimenter le recours aux circuits informels pour l’achat de devises.
En définitive, le dinar algérien traverse une phase de calme relatif face à l’euro et au dollar, malgré une réforme majeure de l’allocation touristique. Reste à savoir si cette stabilité résistera à la pleine application du nouveau dispositif et à la pression persistante de la demande estivale.

