L’Algérie s’engage activement à développer sa production locale dans le secteur de la pharmacie, visant ainsi à diminuer sa dépendance aux importations de matières premières. Ce projet a été présenté par le ministre de l’Industrie pharmaceutique qui a évoqué cette initiative lors d’une visite dans la région d’Ouled Djellal. L’objectif affiché est de réduire la facture d’importation, actuellement estimée à 2,7 milliards de dollars, d’ici 2028, avec une diminution projetée entre 80 et 85 %.
Création de nouvelles unités de production
Le programme annoncé repose sur la mise en place de onze nouvelles usines consacrées à la fabrication d’intrants nécessaires à la production de médicaments. Cinq de ces unités sont déjà en phase de réalisation par le groupe public Saidal, un acteur majeur dans l’industrie pharmaceutique algérienne. Ces infrastructures devraient être opérationnelles dans un futur proche et devraient permettre d’économiser environ 1,04 milliard de dollars en termes d’importation.
Parallèlement, six autres unités sont prévues et les papiers nécessaires ont été préparés. Les partenaires économiques ont été sélectionnés, et leur mise en route est prévue entre 2027 et 2028, contribuant ainsi à une économie additionnelle d’environ 1,65 milliard de dollars. Le ministre a souligné l’importance de produire des excipients pour garantir la sécurité sanitaire.
Ajustement des objectifs de réduction
En janvier 2026, durant une présentation devant le Conseil de la nation, le ministre avait indiqué que l’Algérie dépensait environ 3 milliards de dollars pour ses importations de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. À l’époque, l’objectif de réduction était fixé à 60 % à court terme. Toutefois, la planification de ces onze nouveaux projets représente une révision des objectifs à un niveau plus ambitieux, entre 80 et 85 %. Ce nouvel objectif repose sur l’augmentation du nombre d’unités de production et l’amélioration des capacités de production locales.
Les intrants concernés comprennent des médicaments variés, tels que les traitements anticancéreux, les antibiotiques, et d’autres médicaments essentiels. Saidal collabore avec divers laboratoires privés pour fonctionner efficacement.
Valorisation des déchets agricoles
Dans la région d’Ouled Djellal, un projet spécifiquement axé sur la transformation de déchets issus de la production de dattes en excipients a été présenté. Cette zone, célèbre pour sa culture de dattes, produit une quantité importante de déchets qui peuvent être recyclés pour l’industrie. Selon les déclarations du ministre, ce projet devrait être achevé en 16 mois et vise à économiser près de 35 millions de dollars d’importation annuelle en excipients.
Le ministre indique que plusieurs autres ressources similaires peuvent être exploitées à travers le pays pour augmenter l’intégration locale dans la production pharmaceutique.
Répercussions sur les chaînes d’approvisionnement
Le développement de ces projets arrive à un moment où les marchés internationaux de matières premières font face à des tensions. Le ministre a mis en avant l’impact de la situation géopolitique actuelle sur l’approvisionnement en excipients, notamment en provenance du Qatar. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz affectent le transport de matériaux cruciaux, augmentant les délais d’approvisionnement.
En réponse à ces défis, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a adressé une communication à l’ensemble des fabricants et importateurs du secteur, les appelant à augmenter leur vigilance concernant le risque de rupture dans les chaînes d’approvisionnement.