Une nouvelle vidéo choquante de Ben-Gvir sur les Palestiniens relance la polémique autour du ministre israélien de la Sécurité nationale. Générée par intelligence artificielle, cette séquence macabre illustre une fois de plus la surenchère verbale et la violence assumée par une figure centrale du gouvernement de Benyamin Netanyahu.
La vidéo choquante de Ben-Gvir sur les Palestiniens
Dans cette mise en scène glaçante, on aperçoit des détenus palestiniens entrer dans un espace évoquant un abattoir industriel. Le montage laisse clairement entendre une extermination programmée, une imagerie que beaucoup ont comparée aux camps nazis.
Rapidement diffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo a déclenché un vif tollé avant que son auteur ne la retire. Mais le mal était fait : la séquence avait déjà largement circulé et suscité l’indignation.
Cette publication intervient peu après que le ministre s’est publiquement réjoui de la dégradation des conditions de vie infligées aux prisonniers palestiniens placés sous son autorité. Une posture qu’il assume ouvertement.
Des conditions de détention utilisées comme trophée politique
Lors d’une visite dans un établissement pénitentiaire abritant des détenues palestiniennes, Ben-Gvir avait déjà diffusé une vidéo. On y voyait une prisonnière au visage flouté, portant un voile, décrire un quotidien carcéral extrêmement difficile.
« Les conditions de détention sont extrêmement mauvaises », y déclarait-elle, précisant que les femmes « n’ont aucun droit » et qu’elles ont « des besoins particuliers en tant que femmes ».
La détenue ajoutait : « Nous ne nous sommes pas lavées depuis trois jours et nous n’avons pas changé de sous-vêtements ». Plutôt que de s’en émouvoir, le ministre s’en est ouvertement félicité, semblant chercher à flatter sa base d’extrême droite.
« Nos otages n’avaient pas de shampoing et n’avaient pas de telles conditions », a-t-il lancé. Avant de poursuivre : « Je suis fier que nous ayons réussi à ramener les conditions de détention des terroristes au strict minimum. Les colonies de vacances dans les prisons, c’est terminé ».
Des propos aux relents génocidaires
Même effacée, cette vidéo s’inscrit dans une rhétorique qui glisse dangereusement vers un racisme décomplexé et une hostilité viscérale envers tout ce qui est palestinien. Le vocabulaire employé réduit systématiquement les Palestiniens à des « terroristes ».
Quelques jours plus tôt, le ministre avait franchi un cap supplémentaire en appelant à tuer « 30 à 40 » Palestiniens chaque nuit dans la bande de Gaza. Des propos tenus sans la moindre retenue.
« Ce n’est un secret pour personne, je ne suis pas d’accord avec le Premier ministre », avait-il confié lors d’un entretien avec un ancien otage israélien. « Il faudrait mener des assassinats ciblés à Gaza, en éliminant de 30 à 40 personnes chaque nuit. »
Il avait ajouté : « Pas seulement celles qui représentent une menace immédiate ; il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre. Ils ne devraient pas vivre. Ce ne sont même pas des êtres humains ». Des déclarations qui traduisent, sans ambiguïté, les intentions du gouvernement Netanyahu.
La provocation, marque de fabrique du ministre israélien
La vidéo de l’abattoir n’est donc pas un simple dérapage isolé. Elle constitue une provocation supplémentaire, révélatrice du tempérament de son auteur et de la logique poursuivie par l’occupant israélien.
Ben-Gvir n’est pas non plus un acteur marginal du système politique israélien. Comme le souligne Kenneth Roth, ancien directeur exécutif de Human Rights Watch, il occupe une position stratégique au cœur du pouvoir.
Selon Roth, le ministre n’est pas « seulement un membre du gouvernement de Netanyahu » : il « détient aussi les clés du maintien au pouvoir de la coalition ». Il précise qu’il s’agit d’« une composante centrale du gouvernement israélien », et non d’un agitateur venu de l’extérieur.
Une stratégie électorale à haut risque
Cette accumulation de provocations survient à quelques semaines des élections législatives israéliennes. L’extrême droite mise clairement sur un discours radical pour mobiliser son électorat avant ce scrutin décisif.
Pourtant, cette radicalisation est loin de faire consensus au sein même de la société israélienne. Plusieurs voix influentes s’élèvent contre cette dérive.
Des dizaines d’anciens généraux, deux ex-Premiers ministres, Ehud Barak et Ehud Olmert, ainsi que plus de 200 personnalités israéliennes ont dénoncé le « terrorisme juif » et le « nettoyage ethnique » attribués à des colons en Cisjordanie.
Une société israélienne fracturée face au silence occidental
Cette prise de position illustre les profondes divisions qui traversent aujourd’hui Israël. Une partie de l’élite redoute les conséquences durables de la politique de la terre brûlée menée par la coalition au pouvoir.
Certains observateurs estiment qu’un revers électoral à l’automne pourrait exposer plusieurs dirigeants, dont Netanyahu, à des poursuites judiciaires. L’enjeu du scrutin dépasse donc largement le seul cadre politique.
Face à cette escalade, la plupart des puissances occidentales continuent de s’abstenir de toute sanction concrète contre Israël. Elles se contentent, au mieux, de condamnations verbales restées sans effet.
