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Attaque de Trappes : qui sont les vrais responsables du drame

L’attaque de Trappes a replongé la France dans l’horreur. Vendredi, dans cette commune des Yvelines, un homme a ouvert le feu à l’arme automatique sur des passants, tuant une personne « d’origine africaine » et faisant au moins quatre blessés. Parmi eux, une fillette de 12 ans « originaire du Maghreb », placée en réanimation dans un état critique.

Dès les premières heures, les plus hautes autorités de l’État ont qualifié ce drame d’acte raciste. « C’est la première fois qu’il y a un acte terroriste pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne », a affirmé Emmanuel Macron, venu sur place rendre hommage aux victimes.

Attaque de Trappes : le rôle du discours raciste pointé du doigt

Ce nouvel épisode sanglant a ravivé un débat douloureux : celui de la responsabilité des promoteurs du discours haineux visant les musulmans et les personnes d’origine africaine. Le contexte aggrave encore la situation.

La fusillade survient en effet au cœur d’émeutes sociales que certains médias et l’extrême droite attribuent systématiquement aux Arabes, aux musulmans, aux Africains ou à la jeunesse des quartiers populaires. Un climat de tension entretenu jour après jour.

Ce discours décomplexé a déjà produit des morts. En avril 2025, le jeune Aboubacar Cissé, d’origine malienne, avait été tué alors qu’il priait dans une mosquée du Gard. Un mois plus tard, le Tunisien Hicham Miraoui tombait sous les balles de son voisin raciste dans le Var.

Malgré les alertes répétées, rien ne semble avoir changé. Les responsables politiques de droite et d’extrême droite ont poursuivi leurs attaques contre des pans entiers de la population, pendant qu’une large partie de la presse continuait de leur tendre le micro.

Le maire de Trappes dénonce ceux qui attisent la « guerre civile »

Au lendemain du drame qui a frappé sa ville, Ali Rabeh, maire de Trappes d’origine algérienne, n’a pas mâché ses mots. Il a tenu à désigner d’autres responsables que le seul homme qui a appuyé sur la détente.

Invité samedi sur BFMTV, l’élu a été sans concession. « C’est aussi sur ces plateaux que se fabrique le discours idéologique qui permet à des gens comme ce monsieur d’organiser et de planifier les attentats et de faire la guerre contre l’ennemi de l’intérieur », a-t-il déclaré.

Il a également évoqué une plainte déposée contre des propos tenus en plateau. « Des élus du RN expliquent que Trappes c’est Kaboul », a-t-il rappelé, avant d’insister : il n’y a à Trappes que « des Français, des gens qui aiment leur pays la France », qu’il faut cesser de stigmatiser.

Face aux objections de l’animatrice, le maire est resté droit dans ses bottes. « Vous devriez laisser un peu moins libre cours aux paroles décomplexées et racistes », a-t-il lancé, rappelant que la même chaîne avait accueilli Marion Maréchal Le Pen accusant « les arabo-musulmans ».

« On se croirait au temps des Croisades. Comment laisser prospérer cette parole matin, midi et soir sur tous les plateaux télé et croire qu’elle n’aurait pas d’effet dans la vie réelle ? », s’est-il indigné. Pour lui, l’objectif de ces discours est limpide : précipiter la France vers la guerre civile.

Sur France Info, Ali Rabeh a par ailleurs appelé de ses vœux une marche capable de « réunir des élus qui sont capables de dire que le Grand remplacement n’existe pas ».

Ségolène Royal interpelle les chaînes d’info en continu

L’ancienne ministre Ségolène Royal a réagi avec virulence sur les réseaux sociaux. « Vous arrêtez CNEWS d’inviter des voyous ? La tuerie de Trappes devrait vous faire réfléchir si c’est encore possible, tant l’arabophobie vous excite », a-t-elle écrit.

La présidente de l’association France-Algérie a aussi dénoncé l’incohérence de la politique française à l’égard d’Alger. Elle a souligné que Paris réclame du pétrole et du gaz algériens pour contenir les prix, à l’image de l’Espagne, de l’Italie ou de l’Allemagne.

Ces pays, a-t-elle relevé, nouent en plus des partenariats industriels avec l’Algérie. Son constat se conclut par une question cinglante : « Racisme et stupidité : ça s’arrête quand ? »

Vous arrêtez @CNEWS d’inviter des voyous ? La tuerie de Trappes devrait vous faire réfléchir si c’est encore possible, tant l’arabophobie vous excite. Et « en même temps» @EmmanuelMacron demande du pétrole et du gaz à l’Algérie pour faire baisser les prix comme l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne qui en plus signent des partenariats industriels. Racisme et stupidité : ça s’arrête quand ? #Algerie

— Ségolène Royal (@RoyalSegolene) October 23, 2026

Yasmina Khadra fustige les « singes hurleurs »

L’écrivain algérien Yasmina Khadra a lui aussi réagi avec des mots particulièrement durs pour désigner les véritables « monstres » qu’il juge responsables de la tragédie de Trappes.

« Le monstre, ce n’est pas celui qui fait un massacre. Le monstre est celui qui rend la monstruosité possible », a écrit l’auteur des « Vertueux ». Selon lui, les véritables terroristes sont « ces singes hurleurs qui passent leur temps à invectiver et à stigmatiser les Musulmans sur les plateaux de télé ».

Au-delà de l’émotion, l’attaque de Trappes pose une question qui dépasse la seule enquête judiciaire : celle du climat qui rend de tels actes possibles. Entre responsables politiques et voix médiatiques mises en cause, le débat sur la banalisation du discours raciste en France est loin d’être clos.

Abdel
Abdel
Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.

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