L’allocation touristique de 750 euros vient tout juste d’entrer en application que la Banque d’Algérie affronte déjà un obstacle de taille : équiper rapidement les voyageurs en cartes de paiement internationales. Face à ce défi, l’institution monétaire a réagi sans attendre pour fluidifier les démarches.
Une réunion d’urgence autour de l’allocation touristique
Au lendemain du lancement des nouvelles modalités, le gouverneur de la Banque d’Algérie a convoqué les dirigeants du secteur bancaire. Cette rencontre s’est tenue le lundi 20 juillet au siège de l’institution.
L’objectif affiché est clair : accélérer le traitement des dossiers et empêcher que les Algériens partant à l’étranger ne se retrouvent bloqués. Le manque de carte bancaire pourrait en effet priver de nombreux voyageurs de leur droit de change.
Cette mobilisation traduit la volonté des autorités de garantir la réussite du nouveau système dès ses premiers jours d’existence, en pleine période estivale.
La carte de paiement internationale, pilier du nouveau dispositif
Depuis le 19 juillet, les citoyens éligibles à l’allocation touristique ne reçoivent plus leur montant en liquide. Le versement s’effectue désormais exclusivement par voie électronique.
Concrètement, les 750 euros attribués aux voyageurs majeurs et les 300 euros destinés aux enfants sont crédités uniquement sur une carte de paiement international. Ces cartes de type Visa ou Mastercard deviennent donc indispensables pour accéder au droit de change.
Une modernisation destinée à renforcer la traçabilité
Ce basculement vers le paiement dématérialisé poursuit plusieurs objectifs. Il vise à moderniser un système longtemps dépendant des espèces et à assurer un meilleur suivi des transactions financières.
Mais cette évolution soulève une contrainte logistique majeure. Les établissements bancaires doivent être capables de fournir rapidement ces cartes internationales, alors même que la demande explose durant les vacances d’été.
Les consignes du gouverneur aux établissements bancaires
C’est dans ce contexte tendu que Mohamed Lamine Lebbou, gouverneur de la Banque d’Algérie, a rassemblé les responsables des banques. L’institution a confirmé la tenue de cette réunion via ses canaux officiels sur les réseaux sociaux.
À l’issue des échanges, le patron de la banque centrale a formulé des directives destinées à simplifier la remise des cartes de paiement internationales. Ces instructions ciblent spécifiquement les voyageurs souhaitant obtenir leur allocation de change.
Un traitement accéléré des demandes
Cette intervention survient au moment où les guichets bancaires doivent gérer un afflux considérable de sollicitations. La haute saison touristique multiplie mécaniquement le nombre de dossiers à instruire.
La Banque d’Algérie avait d’ailleurs déjà anticipé cette question lors de la présentation des nouvelles règles d’accès à l’allocation touristique. Elle avait alors indiqué que les banques étaient autorisées à traiter sans délai les demandes de cartes formulées par les citoyens.
Ce que change ce nouveau système pour les voyageurs
Pour les Algériens désireux de partir à l’étranger, la marche à suivre évolue sensiblement. Il ne suffit plus de se présenter au guichet pour récupérer des devises en billets.
Désormais, chaque bénéficiaire doit disposer d’une carte bancaire internationale valide pour percevoir son allocation de 750 euros. Cette étape préalable devient donc déterminante dans l’accès au droit de change.
Les consignes du gouverneur devraient permettre de réduire les délais d’obtention de ces cartes. L’enjeu consiste à éviter que la lourdeur administrative ne pénalise les projets de voyage estivaux.
Un défi de taille en pleine saison estivale
Le calendrier retenu pour cette réforme complique la tâche des banques. L’été correspond à la période où les départs vers l’étranger atteignent leur pic annuel.
Les établissements financiers doivent donc concilier deux impératifs contradictoires. D’un côté, respecter les nouvelles exigences liées au versement dématérialisé de l’allocation touristique. De l’autre, absorber une demande massive dans des délais très courts.
La réussite de ce dispositif dépendra largement de la capacité des banques à produire ces cartes en quantité suffisante. La coordination impulsée par la Banque d’Algérie apparaît ainsi comme un facteur décisif.
La transition vers l’allocation touristique versée par carte marque une étape importante dans la modernisation du système de change algérien. Reste à observer si les instructions du gouverneur suffiront à absorber l’afflux estival et à garantir une distribution fluide des cartes de paiement internationales.