L’allocation touristique en Algérie franchit une nouvelle étape opérationnelle. Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Lamine Lebou, a réuni ce lundi les dirigeants des établissements bancaires pour accélérer la distribution des cartes de paiement internationales aux voyageurs. Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre du nouveau dispositif de change destiné aux déplacements à l’étranger.
Une réunion de la Banque d’Algérie centrée sur l’allocation touristique
Au cœur des échanges figurait l’attribution de la carte bancaire internationale aux personnes éligibles au droit de change pour voyage. Le montant de cette allocation touristique s’élève à 750 euros pour les adultes.
Les enfants âgés de 12 à 19 ans bénéficient quant à eux d’une somme de 300 euros. Ces plafonds encadrent désormais l’ensemble des demandes déposées auprès des banques du pays.
Dans un communiqué, l’institution monétaire a précisé la teneur des consignes transmises. Le gouverneur a demandé aux responsables bancaires d’adopter toutes les mesures utiles pour fluidifier la remise de ces cartes aux citoyens concernés.
Des zones d’ombre persistantes pour les demandeurs
Malgré ces instructions, plusieurs questions restent sans réponse claire pour les usagers. Le communiqué n’a fourni aucune indication sur les délais de délivrance des cartes de paiement internationales.
La Banque d’Algérie n’a pas davantage précisé le montant nécessaire pour ouvrir un compte en devises auprès d’un établissement algérien. Ces deux points concentrent pourtant l’essentiel des préoccupations des voyageurs.
Des délais variables selon les établissements
La remise d’une carte bancaire internationale ne suit pas un calendrier uniforme d’une banque à l’autre. Certaines structures traitent les dossiers rapidement, tandis que d’autres imposent des temps d’attente plus longs.
Cette disparité complique la planification des voyages pour les bénéficiaires du droit de change. Un cadrage national des délais reste attendu par de nombreux demandeurs.
Le coût d’ouverture d’un compte en devises
Autre source d’inquiétude, l’exigence d’un versement en monnaie étrangère pour créer le compte associé à la carte. Les banques réclament en effet une somme initiale en devises pour finaliser l’opération.
Cette condition financière représente un obstacle pour une partie des voyageurs souhaitant accéder à leur allocation touristique. La transparence sur ce montant demeure très attendue.
Une réforme du versement de l’allocation touristique
La réunion de lundi fait suite à une décision majeure du président Abdelmadjid Tebboune. Le chef de l’État a modifié le mode de distribution du droit de change pour voyage à l’étranger.
Désormais, l’allocation touristique est exclusivement créditée sur une carte de paiement internationale. Le versement en liquide, jusque-là pratiqué, a été purement et simplement supprimé.
Cette mesure a été arrêtée le 12 juillet et est entrée en application le dimanche 19 juillet. Elle marque un tournant dans la gestion des devises destinées aux déplacements des citoyens algériens.
Lutter contre la fraude au droit de change
L’objectif affiché de cette réforme est clair : combattre les détournements liés au change pour voyage. Le passage obligatoire par une carte bancaire vise à sécuriser et tracer chaque opération.
Dès l’instauration du nouveau dispositif, la Banque d’Algérie a publié le 13 juillet une instruction détaillant les conditions d’attribution. Ce texte encadre strictement l’usage de la carte de paiement internationale.
Les règles encadrant la carte de paiement
Selon le régulateur, la carte est émise à titre strictement nominatif au nom de son seul titulaire. Elle est incessible et ne peut en aucun cas être utilisée par une tierce personne.
La carte doit être rattachée à un compte en devises ouvert au nom du bénéficiaire. Ce dernier doit par ailleurs disposer d’un compte bancaire libellé en monnaie nationale.
La mobilisation des banques marque une volonté d’accélérer l’accès à l’allocation touristique pour les citoyens algériens. Reste à lever les incertitudes sur les délais et les frais d’ouverture de compte, deux paramètres décisifs pour l’adhésion des voyageurs à ce nouveau système.