Près d’un an après l’obtention de son passeport algérien en juillet 2025, la chanteuse Amel Bent revient avec émotion sur l’épisode où elle a dû demander un visa pour l’Algérie. Cette artiste franco-algérienne, née de parents originaires du pays, évoque régulièrement les racines qui ont façonné sa personnalité et son caractère.
Une nationalité algérienne vécue avant d’être officialisée
Interrogée dans le podcast Légendes Urbaines, l’interprète a expliqué que son lien avec l’Algérie ne datait pas de la régularisation administrative. Pour elle, l’appartenance à ce pays relevait d’une évidence familiale bien avant tout document officiel.
« Par définition je l’ai, la nationalité algérienne, car mes parents sont à la fois immigrés et algériens. En vrai, je l’avais sans l’avoir physiquement », a-t-elle confié au micro de l’émission. Une formule qui résume la dualité entre identité ressentie et reconnaissance officielle.
Demander un visa pour l’Algérie, un moment marquant
La démarche pour décrocher son passeport algérien s’est imposée comme une priorité après un épisode particulièrement douloureux. En novembre 2023, la chanteuse avait dû demander un visa pour se rendre en Algérie et assister aux funérailles de sa grand-mère.
Cette formalité administrative a profondément touché l’artiste, qui n’avait jamais eu à solliciter une telle autorisation auparavant. Le contraste entre son attachement profond et l’obligation d’un document de séjour lui a paru particulièrement difficile à vivre.
« C’était symbolique pour moi quand ma mamie est décédée. Ça m’a fait bizarre de demander un visa, presque une autorisation, alors que depuis ma naissance je n’avais jamais eu à le faire pour aller la voir », a-t-elle raconté avec émotion.
Pour Amel Bent, cette identité algérienne ne se réduit pas à une dimension administrative. Elle s’exprime à travers les liens, les habitudes et les traditions transmises de génération en génération. Pour autant, la reconnaissance officielle par un passeport comptait énormément à ses yeux.
« J’ai des origines marocaines, mais je n’ai grandi qu’avec des Algériens »
L’officialisation de son statut a ravivé chez la chanteuse des souvenirs familiaux et collectifs. Elle souligne combien son attachement au pays s’est construit dès l’enfance, notamment grâce à sa grand-mère « qui venait régulièrement en France ».
Revenant sur ses racines, l’artiste précise qu’elle possède aussi un quart marocain, hérité de son grand-père maternel, d’origine marocaine mais ayant vécu en Algérie. « Mais je n’ai grandi qu’avec des Algériens », tient-elle toutefois à préciser.
Un état d’esprit algérien qui forge l’autonomie
Ce grand-père marocain étant décédé trop tôt, Amel Bent n’a pas vraiment eu accès à cette branche de sa famille. C’est sa grand-mère maternelle, « originaire d’Oran », qui lui a transmis tout cet attachement viscéral à l’Algérie.
Pour la chanteuse, être d’origine algérienne signifie « avoir quelque chose de l’ordre de l’extrême dignité, une forme d’orgueil face à la vie, face aux obstacles, face à l’adversité ». Même quand tout va mal, dit-elle, il faut toujours laisser croire que la situation reste maîtrisée.
Une éducation sans culture de la plainte
L’artiste confie avoir été élevée selon ce principe : « Même quand ça ne va pas, on dit que ça va aller. Je n’ai jamais eu la culture de la plainte. » Cette mentalité héritée de ses origines lui a appris une totale indépendance, autant émotionnelle que physique.
Elle illustre cette autonomie par des exemples concrets du quotidien. « Je sais tout faire. Si j’ai un robinet ou un évier en panne, je répare moi-même. Je n’ai jamais appelé un plombier de ma vie. Mon premier réflexe, c’est de m’allonger par terre, de dévisser et d’aller regarder », explique-t-elle.
À travers ce témoignage, Amel Bent montre que l’épisode de la demande de visa pour l’Algérie a agi comme un déclic dans son rapport à ses origines. Entre héritage familial, transmission et reconnaissance officielle, la chanteuse incarne une binationalité assumée et profondément revendiquée.