Dans le cadre de sa campagne anticorruption, l’Algérie continue de réintégrer dans son tissu industriel public les installations confisquées suite à des poursuites judiciaires. Le ministère de l’Industrie vient d’officialiser le rattachement d’unités de fabrication de produits d’entretien pour véhicules au groupe national ENAD. Cette décision illustre la volonté des pouvoirs publics de remettre en production des actifs industriels longtemps immobilisés.
Le transfert d’équipements industriels au profit de l’ENAD
D’après les déclarations officielles du ministère de tutelle, les installations récupérées comprennent des chaînes complètes destinées à la production de fluides automobiles variés. Ces équipements ont été officiellement remis à l’Entreprise nationale des détergents et produits d’entretien, permettant ainsi d’élargir son portefeuille industriel.
La formalisation de ce transfert s’est matérialisée lors d’une cérémonie réunissant le directeur général de la holding ACS, spécialisée dans les produits chimiques, ainsi que les cadres dirigeants d’ENAD. Les représentants des services des Domaines de l’État de la wilaya de Tissemsilt ont également pris part à cet événement.
Les autorités algériennes présentent cette initiative comme une nouvelle étape dans la valorisation des biens saisis après condamnation définitive par la justice. Il s’agit de la quatrième opération de ce type orchestrée dans le cadre du dispositif national de récupération d’actifs confisqués.
Une stratégie de récupération industrielle déjà bien engagée
Le mouvement de réappropriation d’installations productives par l’État algérien ne date pas d’hier. En janvier dernier, la holding publique ACS avait déjà intégré PAC Plastic Algeria Components, une société spécialisée dans la transformation de matières thermoplastiques pour l’industrie automobile, située à Sidi Mansour.
D’autres secteurs stratégiques ont bénéficié de cette politique de réintégration. Le groupe GICA, leader national des matériaux de construction, a récupéré plusieurs briqueteries. De son côté, Agrodiv a hérité d’unités de transformation agroalimentaire tandis que le groupe IMetal s’est vu confier des entreprises mécaniques.
Le secteur sidérurgique également concerné
Dans la filière de l’acier, le complexe d’El Hadjar, fleuron industriel de l’est algérien, a récupéré des équipements issus du projet sidérurgique d’ETRHB implanté à Berrahal, dans la wilaya d’Annaba. Cette opération a permis de sauvegarder un patrimoine technique qui risquait de se dégrader faute d’exploitation.
Des objectifs économiques et stratégiques ambitieux pour l’Algérie
Selon les explications fournies par le gouvernement, cette politique de récupération vise à convertir des actifs gelés en outils de production effectifs. L’ambition affichée consiste à renforcer l’appareil productif national tout en préservant des équipements industriels de la dépréciation.
La réduction de la facture d’importation constitue également un objectif majeur. En remettant en service ces unités, l’Algérie entend diminuer sa dépendance vis-à-vis des produits importés, notamment dans le secteur automobile et chimique.
Grâce aux nouvelles lignes de production intégrées, l’ENAD devrait étoffer son catalogue de produits destinés à l’entretien des véhicules. Cette diversification devrait se traduire par une hausse significative des capacités de fabrication du groupe public.
Impact social et remise à niveau technique en perspective
Au-delà des retombées économiques directes, le ministère de l’Industrie souligne que ces opérations de récupération participent à la création d’opportunités d’emploi. Le renforcement des entreprises publiques figure parmi les priorités gouvernementales dans un contexte économique encore marqué par une forte dépendance aux hydrocarbures.
Les équipements rapatriés feront l’objet de programmes de modernisation progressive afin d’assurer leur compatibilité avec les chaînes existantes. Cette phase de remise à niveau technique apparaît indispensable pour garantir la rentabilité et la durabilité des installations réintégrées.
Cette dynamique de réactivation d’installations industrielles abandonnées traduit la détermination des autorités algériennes à consolider des secteurs jugés prioritaires. En transformant des actifs confisqués en leviers de développement économique, l’Algérie ambitionne de moderniser son tissu industriel tout en maintenant une ligne ferme dans sa lutte contre la corruption.