Les relations économiques entre l’Algérie et l’Espagne connaissent une dynamique positive au cours du premier trimestre 2026. Alger s’impose parmi les principaux contributeurs à la croissance du commerce extérieur espagnol, pendant que Madrid enregistre un repli de ses flux commerciaux avec Pékin et Washington. Ce repositionnement témoigne d’une reconfiguration profonde des priorités économiques espagnoles.
Madrid opère une diversification stratégique de ses partenariats commerciaux. Traditionnellement tournée vers les grandes puissances économiques mondiales, l’Espagne intensifie désormais ses relations avec des marchés émergents, particulièrement en Afrique du Nord.
Une progression significative des échanges algéro-espagnols
D’après les statistiques publiées par le quotidien espagnol La Razón, le volume des transactions commerciales entre Alger et Madrid a bondi de 9,1 % entre janvier et mars 2026. Cette performance s’inscrit dans un contexte international marqué par des turbulences commerciales affectant plusieurs grandes économies.
Parallèlement, les flux commerciaux entre l’Espagne et Washington ont diminué de 6,4 %. Ceux avec la Chine affichent également un recul de 3,6 %. Cette situation pousse les opérateurs économiques espagnols à explorer des alternatives plus prometteuses et accessibles.
L’Algérie intègre le cercle des partenaires stratégiques de Madrid
Le pays maghrébin figure désormais dans la nouvelle configuration commerciale espagnole aux côtés de nations comme l’Indonésie, l’Australie, Singapour et le Vietnam. Cette réorientation constitue un instrument de résilience économique pour Madrid face aux incertitudes du commerce mondial.
Les exportations espagnoles ont totalisé 96,506 milliards d’euros au terme du premier trimestre 2026. Les importations ont quant à elles atteint 108,183 milliards d’euros, marquant une contraction de 2,5 % sur une base annuelle. Cette évolution a permis de réduire le déficit commercial espagnol à 11,677 milliards d’euros, représentant une amélioration notable de 22,6 %.
Le taux de couverture commerciale a progressé de 2,8 points pour s’établir à 89,2 %. Le nombre d’entreprises exportatrices régulières a également crû pour atteindre 39 417 structures, signe d’un dynamisme accru du tissu économique espagnol.
Les facteurs de la relance commerciale entre Alger et Madrid
Le réchauffement des relations diplomatiques entre les deux capitales a contribué significativement à cette dynamique positive. Après une période de tensions ayant affecté les échanges économiques, les acteurs économiques bénéficient à nouveau d’une meilleure visibilité.
Le secteur énergétique demeure un pilier central du partenariat bilatéral. L’approvisionnement en gaz algérien via le gazoduc Medgaz, qui relie Béni Saf à Almería, occupe une position stratégique dans la sécurité énergétique espagnole.
Une diversification sectorielle croissante
Les transactions ne se cantonnent plus uniquement aux hydrocarbures. Les industriels espagnols développent leur présence dans de multiples domaines du marché algérien : équipements industriels, matériaux de construction, secteur automobile, produits agroalimentaires et biens de consommation courante.
Côté algérien, l’augmentation des achats espagnols répond aux exigences des grands chantiers d’infrastructures et à la modernisation engagée dans plusieurs branches économiques. Cette demande soutenue stimule les exportations espagnoles vers le marché algérien.
Le recul commercial de Pékin et Washington en Espagne
La montée en puissance de l’Algérie dans les échanges avec l’Espagne coïncide avec une recomposition des flux commerciaux mondiaux. Les frictions géopolitiques, les restrictions douanières et le ralentissement économique dans certaines zones incitent les nations européennes à réviser leurs orientations.
Malgré son statut de partenaire majeur, la Chine voit ses échanges avec l’Espagne ralentir. Cette évolution reflète une vigilance accrue des entreprises espagnoles concernant les coûts logistiques, les tensions internationales et les nouvelles orientations industrielles européennes.
Le constat est similaire pour les États-Unis. En dépit de relations économiques historiquement étroites, plusieurs filières espagnoles enregistrent une diminution des commandes américaines depuis janvier 2026. Cette tendance baissière renforce l’intérêt de Madrid pour des marchés alternatifs.
La Méditerranée et l’Afrique, nouveaux relais de croissance
Dans ce contexte mouvant, les espaces méditerranéens et africains suscitent un intérêt grandissant. L’Algérie tire profit de cette redistribution des cartes grâce à sa proximité géographique avec l’Espagne, ses abondantes ressources énergétiques et l’importance de son marché domestique.
Cette performance commerciale illustre la capacité d’Alger à se positionner comme un partenaire fiable et dynamique pour l’économie espagnole. La consolidation de ces liens économiques devrait se poursuivre dans les trimestres à venir, portée par une stabilité politique retrouvée et des complémentarités sectorielles renforcées.