L’avenir de Vladimir Petkovic à la tête de l’équipe d’Algérie fait débat après l’élimination des Verts face à la Suisse (0-2) en 16es de finale, vendredi 3 juillet à Vancouver. La prestation décevante affichée par les Fennecs tout au long du Mondial 2026 nourrit une contestation grandissante autour du technicien suisse.
Une contestation populaire inédite contre Vladimir Petkovic
Pour une large frange des supporters algériens, le verdict est sans appel : le sélectionneur doit partir. À peine le coup de sifflet final donné face à la Nati, les mots-clés « Petkovic dégage » et « Petkovic out » se sont propagés massivement sur les réseaux sociaux algériens.
Jamais depuis son intronisation en mars 2024, en remplacement de Djamel Belmadi, le sélectionneur n’avait fait face à une telle vague d’hostilité. La colère qui l’entoure aujourd’hui apparaît sans équivalent dans son parcours à la tête de la sélection.
Plusieurs figures du football algérien sont montées au créneau. La légende Rabah Madjer, l’attaquant Islam Slimani, meilleur buteur de l’histoire des Verts, ou encore l’ancien défenseur central Rafik Halliche ont tous adressé de vives critiques au coach. Reste à savoir si ces attaques suffiront à précipiter son départ, ce qui dépendra de la tournure des événements.
Un salaire élevé pour des résultats en demi-teinte
Juste avant le début de la Coupe du monde 2026, Vladimir Petkovic avait décroché une prolongation de contrat de deux ans. Cette signature s’est accompagnée d’une nette revalorisation salariale, portant ses émoluments à 160 000 euros par mois, selon plusieurs sources médiatiques.
Aux yeux de la Fédération algérienne de football, le technicien avait honoré ses engagements. Il avait mené l’Algérie au deuxième tour de la CAN 2025, après deux sorties précoces en phase de groupes lors des éditions 2021 et 2023, et qualifié le pays au Mondial après les rendez-vous manqués de 2018 et 2022.
Mais l’instance dirigeante n’avait visiblement pas mesuré le piège que représentait ce Mondial 2026, ni anticipé la sortie fade des coéquipiers de Riyad Mahrez, dont il pourrait s’agir de la dernière apparition sous le maillot national.
La FAF sous pression à son tour
Dans ce climat tendu, la Fédération et son président Walid Sadi se retrouvent également dans le viseur des supporters. Si la contestation ne retombe pas, l’instance sera contrainte de trancher, sous peine de conserver un sélectionneur devenu impopulaire à la tête des Verts.
Pourquoi Petkovic exaspère autant les supporters des Fennecs
Redorer son image s’annonce d’autant plus compliqué pour le Suisse. Car ce qui a le plus heurté les partisans de l’Algérie n’est pas tant le résultat ou l’élimination en elle-même, mais la manière : une équipe sans mordant, dépourvue d’envie et d’engagement sur le terrain.
Contre la Suisse, le sélectionneur a surpris son monde, y compris le staff et les joueurs adverses, avec un dispositif déroutant. En positionnant Ibrahim Maza en faux avant-centre, il a totalement inhibé le milieu de Leverkusen durant l’ensemble de la rencontre.
On lui reproche par ailleurs un manque d’implication dans le travail quotidien et une analyse insuffisante des adversaires de la sélection. Autant de griefs qui alimentent la défiance à son égard.
Des propos jugés déconnectés de la réalité
Pour ne rien arranger, le coach a présenté une qualification au Mondial avec 48 équipes comme un exploit. Un argument fragile, quand on sait que des sélections bien plus modestes, à l’image d’Haïti, de la Jordanie ou de Curaçao, y sont également parvenues.
« Mon bilan ? Arriver après douze ans dans une compétition de ce genre est déjà un grand succès. Et passer la phase de poules, pour la deuxième fois, j’ai toujours considéré cela comme un excellent résultat », a-t-il déclaré après le match. Des propos qui ont fait l’effet d’une provocation, là où beaucoup attendaient une remise en question et des promesses de changement.
Le sort de Vladimir Petkovic à la tête de l’équipe d’Algérie dépendra désormais de l’intensité et de la durée de la fronde populaire. Entre un contrat récemment revalorisé et une contestation qui ne faiblit pas, la Fédération devra rapidement clarifier sa position sur l’avenir des Verts.

