Suite à l’augmentation des importations de blé en provenance de Russie, l’Algérie observe aussi une hausse significative des achats de blé ukrainien. Pour contrer cette tendance, le gouvernement algérien met en œuvre diverses stratégies pour accroître la production céréalière locale, dans le but de diminuer la dépendance aux importations.
Situation des importations de céréales en Algérie
Selon l’Association ukrainienne des céréales, l’Algérie se positionne actuellement au deuxième rang parmi les principaux clients de l’Ukraine, avec un volume d’importation de 16 millions de quintaux. Cette information a été divulguée le 13 mars par le site UkrAgroConsult. Dans le classement des dix premiers pays acheteurs de blé ukrainien en Méditerranée et en Asie du Sud-Est, l’Égypte reste en tête avec 23,6 millions de quintaux, suivie de l’Algérie, ainsi que de l’Indonésie et du Yémen. Viennent ensuite le Liban, l’Espagne, la Tunisie, et l’Italie.
Les atouts de l’agriculture Ukrainienne
L’Ukraine bénéficie d’un avantage significatif avec environ 33 millions d’hectares de terres fertiles, connues sous le nom de terres noires ou tchernoziom, qui sont considérées comme le meilleur sol agricole au monde. En comparaison, il est difficile pour l’Algérie d’égaler ces conditions, d’autant plus que les techniques de culture utilisées durant la période coloniale ont affaibli ses sols.
En Ukraine, la taille des exploitations agricoles représente également un atout majeur. Le pays compte près de 4 millions d’exploitations familiales de petite envergure, ainsi que de nombreuses entreprises agricoles et agro-holdings, qui jouent un rôle clé dans la structuration de la production et des exportations.
Stratégies algériennes pour renforcer la production de Blé
Pour améliorer sa production céréalière, l’Algérie concentre ses efforts sur l’agriculture saharienne ainsi que sur les régions nordiques, en offrant un soutien financier aux agriculteurs et aux investisseurs. L’accent est mis sur la mécanisation, avec le déploiement de coopératives de matériel agricole. En 2015, l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) signalait un ratio d’un tracteur pour 75 hectares par rapport à 145 hectares en Tunisie.
Malgré les mesures prises, le coût élevé du matériel agricole demeure un obstacle majeur. En 2018, le prix moyen d’un tracteur était équivalent à 550 quintaux de blé, montant à 700 quintaux en 2026. En parallèle, le gouvernement s’efforce de fournir un soutien technique aux agriculteurs, en particulier face aux défis liés au changement climatique.
Le 11 mars dernier, l’Algérie a signé un partenariat avec l’Union européenne pour renforcer la recherche et l’innovation agricoles en Méditerranée. Ce partenariat, d’un montant de 6 millions d’euros, vise à améliorer la productivité agricole et la résilience des systèmes alimentaires dans la région. L’Algérie cherche à améliorer progressivement sa mécanisation pour mieux faire face aux importations de céréales, réfléchissant à des réformes techniques pour son secteur cérébral, en espérant ainsi diminuer sa dépendance extérieure.