La production de gaz naturel en Algérie confirme sa dynamique positive en mai 2026, avec un cinquième mois consécutif de croissance. Le pays a extrait 8,342 milliards de mètres cubes, un volume en hausse de 6 % sur un an. Cette progression bénéficie autant au marché intérieur qu’aux livraisons destinées à l’Europe.
D’après les statistiques compilées par l’initiative JODI (Joint Organizations Data Initiative), l’Algérie a produit 8,342 milliards de mètres cubes de gaz en mai 2026, contre 7,858 milliards douze mois plus tôt. L’écart, de 484 millions de mètres cubes, correspond à une croissance de 6,2 %. En moyenne quotidienne, l’extraction a atteint 9,5 milliards de pieds cubes, contre 8,95 milliards un an auparavant.
Sur les cinq premiers mois de 2026, la production cumulée du pays s’élève à 45,841 milliards de mètres cubes, en augmentation de 5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Le pic a été atteint en janvier 2026, avec 10,437 milliards de mètres cubes, un sommet inédit depuis mars 2023.
Une consommation intérieure de gaz en léger essor
La demande domestique de gaz naturel en Algérie a progressé de 1,1 % en mai 2026, grimpant de 3,486 à 3,526 milliards de mètres cubes en un an. Ce surplus provient essentiellement des centrales électriques, dont la consommation est passée de 1,606 à 1,737 milliard de mètres cubes.
Le gaz reste incontournable dans le paysage énergétique algérien, puisqu’il alimente près de 99 % de la production nationale d’électricité. La montée des températures estivales, qui accroît les besoins en climatisation et en refroidissement, contribue directement à cette hausse de la demande intérieure.
Un modèle énergétique fortement dépendant du gaz
Cette prépondérance du gaz dans le mix électrique illustre un défi structurel pour l’Algérie. Le pays, l’un des principaux producteurs d’Afrique du Nord, reste très exposé aux fluctuations de sa ressource fossile phare. Le développement des énergies renouvelables demeure un chantier stratégique pour diversifier l’approvisionnement à long terme.
Des exportations gazières en progression vers l’Europe
Les ventes totales de gaz algérien à l’étranger ont atteint 4,528 milliards de mètres cubes en mai 2026, soit un bond de 11,4 % en glissement annuel. Les acheminements par gazoduc ont pesé pour 3,209 milliards de mètres cubes, contre 2,866 milliards l’année précédente.
Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) ont elles aussi augmenté, s’établissant à 1,320 milliard de mètres cubes sur le mois. Ces performances renforcent le rôle de l’Algérie comme fournisseur clé pour plusieurs marchés du bassin méditerranéen.
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, les exportations de GNL se sont toutefois établies à 4,47 millions de tonnes, en léger repli par rapport aux 4,78 millions de tonnes de la même période en 2025. La Turquie demeure la première destination avec 1,55 million de tonnes, devant la France (1,31 million), l’Italie (0,52 million), le Royaume-Uni (0,35 million) et l’Espagne (0,30 million).
Des pourparlers en cours avec l’Espagne sur le gaz
Alger et Madrid mènent actuellement des négociations pour accroître les volumes de gaz destinés au marché espagnol. Les échanges portent sur une hausse comprise entre 10 et 15 % des livraisons, effective dès le début de l’année 2027.
Le gazoduc Medgaz, artère directe reliant les deux rives de la Méditerranée, pourrait ainsi voir sa capacité passer de 28 à près de 32 millions de mètres cubes par jour. Une telle extension consoliderait le partenariat énergétique entre les deux pays.
Une révision des tarifs sur la table
Les discussions englobent également une réévaluation du prix de vente du gaz algérien vers l’Espagne. La hausse envisagée ne devrait pas franchir le seuil de 10 %. Cette démarche traduit l’ambition d’Alger de valoriser davantage sa ressource et d’affermir son ancrage sur le marché européen.
Portée par une production en hausse continue et des débouchés solides en Europe, l’Algérie confirme son statut de fournisseur énergétique stratégique en Méditerranée. Les mois à venir, marqués par les négociations avec l’Espagne, seront déterminants pour l’évolution de sa politique gazière régionale.
