Confronté au refus de son titre de séjour, un ressortissant algérien installé en France depuis près de dix ans a choisi de mobiliser l’opinion publique. Visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec sa famille, il a lancé une pétition en ligne dans l’espoir d’obtenir un réexamen de son dossier par la préfecture.
Un titre de séjour refusé après neuf années passées en France
Âgé de 61 ans, Tayeb vit depuis neuf ans à Châlons-en-Champagne, dans la région Grand Est. Père de trois enfants tous scolarisés sur le sol français, cet homme de nationalité algérienne pensait avoir construit une vie stable dans sa ville d’adoption.
Pourtant, au mois de mai dernier, la préfecture de la Marne a de nouveau rejeté sa demande de titre de séjour. La décision s’est accompagnée d’une OQTF, plongeant l’ensemble de sa famille dans une situation particulièrement précaire depuis plusieurs semaines.
Face à cette impasse administrative, l’intéressé n’a trouvé qu’un seul recours pour se faire entendre : une pétition citoyenne. Le document, diffusé sur Internet, réclame que son dossier soit étudié à nouveau par les services de l’État.
« Vivre avec ma famille dans la dignité »
Ancien professeur d’éducation physique et journaliste dans son pays d’origine, Tayeb dénonce une différence de traitement selon les départements. Selon lui, des situations comparables à la sienne trouvent une issue favorable ailleurs qu’en Marne.
« Après cinq ou six ans passés en France, certains obtiennent des papiers sans difficulté », affirme-t-il, incrédule face à la rigidité de la préfecture qui instruit son cas. Il estime que sa demande aurait dû aboutir depuis longtemps.
L’homme insiste sur le caractère purement humain de sa démarche. « Ma seule préoccupation est de pouvoir vivre avec ma famille dans la dignité, la sécurité et la stabilité », explique celui qui refuse de baisser les bras malgré les revers successifs.
Une intégration mise en avant pour appuyer le recours
Pour soutenir sa requête de levée de l’OQTF et de réexamen de son dossier, le sexagénaire s’appuie sur un parcours d’intégration qu’il juge exemplaire. Il rappelle notamment son engagement dans le tissu économique et associatif local.
« J’ai créé deux entreprises, je suis bénévole à la Banque alimentaire ainsi qu’à la radio Mau Nau », énumère-t-il. Autant d’éléments qui témoignent, selon lui, d’un enracinement durable au sein de la communauté locale.
« Nous ne sommes pas des délinquants »
La situation familiale plaide également en faveur d’une régularisation. L’épouse de Tayeb est diplômée de l’université, tandis que leurs trois enfants poursuivent leur scolarité en France avec de bons résultats.
« Tout le monde nous connaît », souligne le ressortissant algérien, mettant en avant la notoriété et la reconnaissance dont bénéficie sa famille auprès des habitants de Châlons-en-Champagne. Un ancrage local qui rend l’OQTF d’autant plus incompréhensible à ses yeux.
Une assignation à résidence vécue comme une humiliation
Au-delà de l’angoisse liée à un éventuel renvoi, c’est le poids quotidien de l’assignation à résidence qui affecte le plus cet ancien éducateur. Il est en effet contraint de se présenter presque chaque jour au commissariat.
« C’est la honte pour moi, pour un éducateur. Nous ne sommes pas des délinquants. Ça nous touche beaucoup », confie-t-il, la voix marquée par le sentiment d’injustice. Cette contrainte administrative pèse lourdement sur le moral de toute la famille.
Cette affaire illustre les tensions récurrentes autour de la délivrance des titres de séjour aux ressortissants algériens en France. Alors que la pétition continue de circuler, la famille espère que la mobilisation citoyenne poussera la préfecture de la Marne à reconsidérer sa décision.
