Décrocher un stage ou un premier emploi demeure un défi majeur pour de nombreux étudiants algériens en France. Pour lever ces obstacles, l’association Djazpora a organisé, le 18 juin à Paris, la deuxième édition de son Job Dating, un rendez-vous consacré à l’insertion professionnelle des talents de la diaspora.
La rencontre a rassemblé plus de 200 participants, aux côtés de nombreux recruteurs et acteurs économiques de premier plan. L’objectif affiché : créer des passerelles entre les jeunes de la communauté et les opportunités de carrière disponibles des deux côtés de la Méditerranée.
Plusieurs groupes algériens, affiliés au Conseil du renouveau économique algérien (CREA), figuraient parmi les exposants. Ils côtoyaient des multinationales de renom telles que Google, Carrefour, Huawei ou encore McKinsey & Company.
Un forum pensé pour lever les freins des étudiants algériens à Paris
À l’origine de cette initiative, un constat largement partagé par les organisateurs. Les jeunes issus de la diaspora se heurtent à davantage de difficultés lorsqu’ils cherchent à s’intégrer sur le marché du travail français.
Fayçal Kaddour, président de Djazpora, revient sur la genèse de l’événement. « C’est la deuxième édition du Job Dating de Djazpora, un événement qu’on a fait parce qu’on avait eu beaucoup de demandes individuelles auprès de l’association de jeunes de notre communauté », explique-t-il.
D’après lui, ces sollicitations tournent avant tout autour de la recherche de stages, de contrats d’alternance et de premiers postes. Autant de démarches rendues plus complexes pour cette population estudiantine.
« On sait que c’est plus difficile, contrairement à ce que disent certains, pour les étudiants algériens que pour d’autres. Le statut n’est pas le même, il y a aussi des enjeux de carte de séjour étudiant », précise-t-il devant l’assistance.
Une démarche à forte dimension sociale
Fayçal Kaddour met également en avant la portée solidaire de l’événement. Dans un climat marqué par les tensions récurrentes entre Alger et Paris, il rappelle que la jeunesse en subit souvent les premières conséquences.
« L’effort qu’on est en train de faire ensemble, c’est d’apaiser les relations et de renforcer le lien Paris-Alger dans le bénéfice de toute la jeunesse, qu’elle soit française, algérienne ou celle qui vit entre les deux rives », affirme-t-il.
Les participants ont profité de ce forum pour dialoguer directement avec des recruteurs. Ils ont ainsi pu identifier les débouchés correspondant à leur parcours et à leurs aspirations professionnelles.
Les échanges ont aussi abordé l’investissement, l’entrepreneuriat et les perspectives de carrière en Algérie. Pour l’occasion, trois vice-présidents du CREA se sont déplacés à Paris afin de rencontrer les jeunes professionnels présents.
Le CREA et les entreprises algériennes courtisent les jeunes talents
Les dirigeants d’entreprises algériennes ont clairement affiché leur volonté d’accompagner cette génération. Abdelouahed Kerrar, président du groupe pharmaceutique Biopharm, a délivré un message sans détour aux participants.
« Nous sommes à votre service. Vous avez trois entreprises algériennes, et derrière nous, il y a le Conseil du renouveau économique algérien. Et bien sûr, il y a beaucoup de choses à faire en Algérie », a-t-il lancé.
Samir Yaici, président du groupe Saïda, a tenu un discours similaire, insistant sur la volonté d’épauler les jeunes diplômés. « On a besoin de vous, on a besoin de votre savoir-faire, et le CREA est à votre disposition pour vous assister et vous apporter tout le support en la matière », a-t-il souligné.
De son côté, Mohamed Djadi, président du groupe Djadi, a mis l’accent sur l’écoute des attentes exprimées par les participants. « On est là pour vous écouter, j’aimerais bien qu’on puisse répondre à toutes vos attentes », a-t-il déclaré.
Un appui salué par des personnalités politiques
L’événement a par ailleurs reçu le soutien de figures engagées dans le rapprochement franco-algérien. Présente à Paris, Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie (AFA), a salué l’initiative portée par Djazpora.
« Je suis très honorée d’avoir été invitée à participer à ce job dating… Vous verrez, un jour, ce seront les étudiants français qui demanderont de faire des stages en Algérie », a-t-elle affirmé.
Le sénateur du Val-de-Marne, Akli Mellouli, a également souligné la portée symbolique de la rencontre. « L’intérêt de ce genre d’événement, c’est aussi de contribuer à la culture de la paix », a-t-il estimé.
À l’issue de cette deuxième édition, l’association a salué une « journée exceptionnelle » réunissant plus de 200 talents de la diaspora. Emploi, entrepreneuriat et développement économique se sont ainsi imposés comme les fils conducteurs d’un rendez-vous appelé à s’inscrire dans la durée.