En Algérie, de nombreuses chaînes de télévision privées revendiquent des taux d’audience élevés qui ne sont cependant pas validés par des entités spécialisées indépendantes, contrairement à ce qui se pratique dans d’autres régions du monde.
Certaines plateformes médiatiques ont également tendance à exagérer les statistiques de fréquentation de leurs sites web et le nombre de visualisations de contenus sur les plateformes de médias sociaux. Cette situation devient plus critique durant le Ramadhan, période durant laquelle les campagnes publicitaires intensives exacerbent la concurrence entre les médias.
Intervention de l’Autorité de Régulation
L’Autorité nationale de régulation de l’audiovisuel (Anira) décrit ces comportements comme trompeurs et a décidé d’intervenir pour y mettre fin. En effet, l’Algérie ne possède pas de marché structuré pour la mesure des audiences, contrairement à certaines pratiques passées où des journaux se référaient à l’organisme français OJD pour authentifier leurs chiffres de vente.
La prolifération des chaînes TV privées et des sites internet en Algérie a mené à des pratiques discutables, incluant l’attribution de chiffres d’audience et de classements potentiellement faux, ce qui menace la transparence et la crédibilité du secteur, souligne Anira.
Au cœur de ces préoccupations, Anira a exprimé une inquiétude majeure concernant la multiplication des manœuvres visant à augmenter artificiellement les indicateurs d’audience numériques, telles que l’achat de followers ou l’utilisation de fermes à clics, dans le but de fausser la taille réelle de l’audience.
Conséquences et Légalité des Pratiques
Cette manipulation ne se limite pas à une simple technique; elle a des répercussions importantes sur la transparence du marché publicitaire et peut influencer directement les décisions des annonceurs, induisant ainsi un gaspillage des ressources financières et érodant la confiance dans le paysage médiatique. De plus, ces agissements sont susceptibles d’être considérés comme de la publicité trompeuse, interdite par l’article 51 du cahier des charges des activités audiovisuelles, et ils portent atteinte aux principes de concurrence loyale.
L’Anira met en garde contre la publication de données liées aux audiences qui ne reposent pas sur des méthodes de mesure éprouvées. Toute infraction pourrait entraîner des mesures réglementaires appropriées. Face à l’absence d’une institution nationale compétente pour mener des sondages et mesurer les audiences selon des critères scientifiques uniformes, les résultats publiés par les médias ne devraient pas être perçus comme fiables. Ils sont souvent utilisés pour justifier des hausses de prix dans les espaces publicitaires ou exercer une pression commerciale indue sur les annonceurs.