La contrebande de téléphones portables entre la France et l’Algérie vient de connaître un nouveau chapitre judiciaire. Le tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, a condamné un ressortissant algérien établi en France à cinq ans de prison ferme pour avoir tenté d’introduire 1084 appareils sur le territoire national. Le verdict a été rendu ce mardi 28 juillet 2026, à l’issue d’une procédure de comparution immédiate.
Cinq ans de prison ferme pour le principal accusé
Le mis en cause, désigné sous les initiales B.S.R., a été reconnu coupable d’avoir dissimulé les appareils électroniques à l’intérieur de son véhicule. Les magistrats ont retenu contre lui une peine privative de liberté de cinq années sans sursis.
La juridiction algéroise a également ordonné son maintien en détention immédiat. Cette décision s’inscrit dans le cadre strict de la comparution immédiate, réservée aux infractions considérées comme graves par la justice.
Les juges se sont appuyés sur les preuves collectées au moment de l’interpellation. Les constatations dressées par les agents des douanes ont largement pesé dans l’appréciation du dossier.
Deux complices en fuite condamnés à dix ans
L’affaire ne concernait pas un seul individu. Deux autres personnes, poursuivies dans le même dossier, ont écopé de peines nettement plus sévères, prononcées en leur absence.
Identifiés par les initiales A.L.A. et A.A., ces deux prévenus ont été condamnés par contumace à dix ans d’emprisonnement ferme. Un mandat d’arrêt a été délivré à leur encontre, les forces de l’ordre les recherchant activement.
De lourdes sanctions financières prononcées
La réponse judiciaire ne s’est pas limitée aux peines de prison. Le tribunal a imposé aux trois condamnés une amende solidaire de 172 millions de dinars algériens, exécutoire sans délai.
À cette somme s’ajoute une indemnisation destinée à l’administration douanière. Les prévenus devront verser 12 millions de dinars supplémentaires, au titre de la réparation du préjudice subi par l’État.
Ces montants sont dus par l’ensemble des personnes condamnées, y compris les deux fugitifs toujours introuvables. La juridiction a rappelé que ces obligations financières s’appliquent immédiatement, conformément au code douanier algérien.
Une saisie de 1084 téléphones au port d’Alger
Le point de départ de cette affaire remonte au 3 juillet 2026. Ce jour-là, B.S.R. a été contrôlé à son arrivée au port d’Alger, en provenance d’un port français.
Résidant en France, l’homme circulait à bord d’un véhicule touristique. Lors d’une vérification de routine, les douaniers ont repéré une anomalie qui a justifié un examen plus poussé du véhicule.
La fouille approfondie a révélé la présence de 1084 téléphones mobiles habilement cachés dans l’habitacle. La valeur globale de cette cargaison a été évaluée à 1,7 milliard de centimes algériens.
Un réseau structuré des deux côtés de la Méditerranée
Les investigations ont rapidement écarté la piste d’un acte isolé. Selon l’enquête, l’opération de contrebande reposait sur un réseau organisé opérant à la fois en France et en Algérie.
Ce type de trafic reflète une problématique récurrente dans la région, où les flux commerciaux illégaux entre les deux rives de la Méditerranée demeurent surveillés de près par les autorités maghrébines.
La qualification juridique retenue contre les trafiquants
Le parquet a poursuivi les trois hommes pour contrebande commise par trois personnes ou plus, avec l’usage d’un véhicule. Cette qualification, inscrite dans le code pénal algérien, entraîne un durcissement automatique des peines encourues.
Les enquêteurs ont établi que l’acheminement des marchandises avait été planifié avec l’appui des deux complices actuellement recherchés. Cette organisation collective a alourdi la responsabilité de chacun des accusés.
Le ministère public a par ailleurs retenu le chef de violation de la réglementation douanière. Le caractère transfrontalier du dossier et l’ampleur de la saisie ont motivé le recours à la comparution immédiate.
Ce verdict illustre la fermeté croissante de la justice algérienne face aux réseaux de contrebande de produits électroniques. En sanctionnant lourdement l’introduction illégale de téléphones, les autorités entendent dissuader les trafics organisés qui prospèrent entre l’Algérie et la France.

