La crise des gardiens de but de l’Algérie s’invite au cœur de la Coupe du monde 2026 et alimente toutes les discussions chez les supporters des Fennecs. Depuis le départ de Raïs M’Bolhi en 2022, la sélection nationale cherche en vain un portier capable de s’installer durablement entre les poteaux. Ce problème récurrent a éclaté au grand jour lors du premier tour du Mondial.
Une succession laborieuse depuis le départ de M’Bolhi
Plusieurs noms ont défilé dans les buts des Verts ces dernières années sans qu’aucun ne parvienne à s’imposer durablement. Alexandre Oukidja, Melvin Mastil, Luca Zidane, Anthony Mandrea, Mustapha Zeghba, Alexis Guendouz ou encore Abdelatif Ramdane ont tous eu leur chance.
Certains ont livré des prestations honorables, mais aucun n’a réussi à faire oublier celui qui a tenu la cage algérienne durant douze longues saisons. Le poste reste donc le grand point faible de l’effectif.
Cette fragilité s’est confirmée durant le premier tour de la compétition. Au lendemain du match nul spectaculaire (3-3) face à l’Autriche, synonyme de qualification historique pour le deuxième tour, tout le pays commente la situation des gardiens.
Le pari risqué de Petković avec Benbot
Le débat est d’autant plus vif que l’Algérie a aligné deux portiers avant même la fin de la phase de groupes. Luca Zidane avait encaissé trois buts contre l’Argentine et un face à la Jordanie.
Cédant à la pression d’une partie du public et des médias, le sélectionneur Vladimir Petković a opté pour Oussama Benbot lors du troisième match. Un choix lourd de conséquences, car la sélection a frôlé l’élimination.
La défense a manqué de cohésion et le portier de l’USM Alger est totalement passé à côté de son sujet. Sur le premier but autrichien, il est resté figé sur sa ligne alors qu’il pouvait devancer l’attaquant et dégager le ballon.
Sur la deuxième réalisation, il n’a pas su détourner une frappe pourtant à sa portée. Son bilan reste maigre : trois buts encaissés sur trois tirs cadrés et quasiment aucune intervention décisive durant la rencontre.
Zidane, plus solide malgré les critiques
À l’inverse, Luca Zidane avait certes concédé un triplé de Lionel Messi, mais il avait multiplié les parades pour éviter une défaite plus sévère contre l’Argentine. Face à la Jordanie (2-1), il avait également repoussé plusieurs tentatives.
Légèrement fautif sur l’ouverture du score jordanienne, il restait néanmoins fiable. Pendant la préparation, il avait même été désigné comme l’homme du succès (1-0) décroché aux Pays-Bas, à Rotterdam.
Luca Zidane, la meilleure option du moment
Tester un gardien lors d’un match couperet n’a rien d’idéal, mais Petković a tenté le coup sous la pression. C’est pourtant dans ce type de contexte que Raïs M’Bolhi avait émergé lors du Mondial 2010.
À l’époque, le titulaire Faouzi Chaouchi avait commis une bourde fatale contre la Slovénie (0-1), suivie d’un dérapage disciplinaire. Le sélectionneur Rabah Saâdane avait alors lancé M’Bolhi face à l’Angleterre.
Le jeune portier avait saisi sa chance, contribuant au nul (0-0) arraché aux hommes de Wayne Rooney. Il avait enchaîné par une prestation héroïque contre les États-Unis, malgré une courte défaite (1-0).
Ce scénario heureux ne s’est pas reproduit ce dimanche face à l’Autriche. Au terme du match, même les plus fervents détracteurs de Luca Zidane ont reconnu qu’il demeure, malgré ses limites, la meilleure solution disponible.
Petković, qui avait défendu le gardien de Grenade après la défaite contre l’Argentine, pourrait bien le rappeler pour le seizième de finale face à la Suisse, prévu vendredi 3 juillet à Vancouver.
Le poste de gardien, futur grand chantier des Fennecs
La convocation du fils de Zinédine Zidane en octobre 2025, puis la sélection d’Oussama Benbot pour le Mondial, traduisent l’ampleur de la crise. Luca Zidane a été accueilli comme un sauveur alors qu’il évolue en deuxième division espagnole.
Le cas Benbot interpelle tout autant. Dans d’autres circonstances, il n’aurait sans doute jamais figuré dans la liste, après son attitude au lendemain de la dernière CAN.
Vexé de voir Petković lui préférer Zidane, il avait annoncé avec fracas la fin de sa carrière internationale. Sa prestation face à l’Autriche n’a en rien justifié une place de titulaire dans le onze algérien.
Le staff et la fédération ont fermé les yeux pour deux raisons : faute d’alternative crédible et parce que Benbot avait remporté la Coupe de la CAF avec l’USM Alger entre-temps.
La Coupe du monde 2026 confirme donc que la question des gardiens reste un dossier brûlant pour l’Algérie. Après le tournoi, ce poste devrait logiquement s’imposer comme le chantier prioritaire du staff technique et des dirigeants. Une refonte en profondeur semble désormais indispensable pour redonner de la sérénité aux Verts.