Pour la deuxième fois de son histoire, l’Algérie au Mondial 2026 a décroché son billet pour le second tour de la compétition. Les Verts ont validé leur qualification au terme d’un match totalement débridé face à l’Autriche, dimanche 28 juin à Kansas City. Un nul spectaculaire (3-3), conclu à 04 h 00 heure algérienne, qui restera dans les mémoires.
Dans cette rencontre décisive du groupe J, les Algériens ont été menés à deux reprises avant de réagir. Rafik Belghali a égalisé juste avant la pause (45ᵉ), imité par Riyad Mahrez peu après l’heure de jeu (60ᵉ). Le capitaine a même offert l’avantage aux siens en fin de partie, avant que l’Autriche n’arrache l’égalisation dans les ultimes secondes.
Algérie – Autriche : une revanche de 1982 reportée mais une qualification décrochée
Le scénario de cette confrontation avait des airs de film à rebondissements. Certains observateurs ont rapidement évoqué un possible nouvel « arrangement », ressuscitant le souvenir du fameux « match de la honte ». Mais cette théorie n’a pas tenu : les deux formations ont offert un spectacle généreux, ponctué de six buts.
Le but inscrit par Riyad Mahrez à moins d’une minute du terme, qui envoyait virtuellement l’Autriche à la sortie, suffit à balayer toute suspicion. Cette réalisation symbolise l’engagement total affiché par les Fennecs durant la rencontre.
Malgré la lourde défaite concédée d’entrée face à l’Argentine (0-3), les protégés de Vladimir Petković ont livré de belles prestations tout au long de ce premier tour disputé en Amérique du Nord. La progression de l’équipe au fil des matchs a été manifeste.
Ce dernier rendez-vous du groupe J cumulait plusieurs enjeux délicats à harmoniser pour la sélection algérienne : assurer la qualification, esquiver la redoutable Espagne en seizièmes et régler ses comptes avec l’Autriche. Cette dernière reste associée, avec l’Allemagne, à l’élimination algérienne de 1982, restée dans l’histoire sous le nom de « match de la honte ».
Les Verts ont effleuré cette revanche en se procurant l’occasion du troisième but à cinquante secondes de la fin du temps additionnel. Mais Kalajdžić a surgi à l’ultime instant pour égaliser et priver l’Algérie de sa vengeance tant attendue.
Une qualification arrachée et un adversaire abordable en seizièmes
La revanche attendra, mais l’objectif est atteint : l’Algérie au Mondial 2026 accède au second tour, une performance réalisée pour la deuxième fois seulement en cinq participations. En seizièmes, elle affrontera la Suisse, un adversaire jugé « jouable ».
Vladimir Petković connaît parfaitement cette équipe helvétique, qu’il a lui-même dirigée durant de longues années (2014-2021). Cette familiarité pourrait constituer un atout précieux pour les Fennecs lors du prochain tour.
Le parcours qualificatif n’a toutefois pas été un long fleuve tranquille. Les Verts ont tremblé jusqu’au bout : avec quatre points, l’Algérie s’est faufilée de justesse, terminant à la sixième place du classement des meilleurs troisièmes.
Malgré cette qualification à l’arraché, la sélection a affiché des statistiques que peu d’observateurs anticipaient. Face à l’Autriche, elle a dominé la possession à 65 % avec cinq tirs cadrés contre trois. Devant la Jordanie, elle avait monopolisé le ballon à 72 % et frappé huit fois cadré contre quatre.
Même contre l’Argentine, en dépit du revers (0-3), les coéquipiers de Maza avaient conservé une légère supériorité dans la possession (52 %). Les Verts privilégient la maîtrise du jeu, se créent des situations et concrétisent, avec cinq buts en trois rencontres mondiales. Leur secteur défensif demeure néanmoins fragile, avec sept buts encaissés.
L’équipe bâtie par Vladimir Petković possède de réelles qualités. Parmi les satisfactions figurent Ibrahim Maza, le meilleur Algérien depuis le début, Farès Chaïbi, Belghali et son superbe but face à l’Autriche, sans oublier Riyad Mahrez, auteur d’un doublé décisif.
Algérie : une attaque flamboyante mais une défense en difficulté
Les principales failles de la sélection se situent dans son arrière-garde. Sept buts concédés en trois matchs représentent un total préoccupant. Le poste de gardien continue notamment de poser problème au staff technique.
Critiqué après ses sorties contre l’Argentine et la Jordanie, Luca Zidane a cédé sa place lors de cette troisième rencontre à Oussama Benbot. Mais le portier de l’USM Alger n’a pas convaincu pour ses débuts dans la compétition.
Le gardien n’a réalisé aucune parade et a encaissé trois buts sur trois tentatives autrichiennes. Une erreur de placement de débutant sur le premier but a pesé lourd. De quoi pousser Petković à reconsidérer le retour du fils de Zinédine Zidane.
Face à la Suisse au tour suivant, les Algériens aborderont le rendez-vous sans pression particulière. Ils affronteront un adversaire loin d’être insurmontable, parfaitement connu de leur sélectionneur. Tous les ingrédients sont réunis pour poursuivre l’aventure dans ce Mondial nord-américain.
Cette qualification confirme la dynamique positive d’une équipe en construction, capable du meilleur en attaque malgré ses fragilités défensives. Avec un tirage clément et un encadrement aguerri, l’Algérie peut légitimement rêver d’aller plus loin dans cette Coupe du monde.